La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -297-CCN-Ballet de Lorraine

Une (R)évolution permanente, entretien avec Petter Jacobsson et Thomas Caley

Une (R)évolution permanente, entretien avec Petter Jacobsson et Thomas Caley - Critique sortie  Nancy
Crédit : Dorian Cessa Petter Jacobsson Crédit : Emilie Salquebre Thomas Caley

Entretien

Publié le 17 février 2022 - N° 297

Pourquoi danse-t-on ? Comment cela influence-t-il notre présent ? Comment faire évoluer le mouvement ? Autant de questionnements chers à Petter Jacobsson, directeur du CCN-Ballet de Lorraine, et à Thomas Caley, coordinateur de recherche au sein de la compagnie.

Comment a évolué le CCN-Ballet de Lorraine depuis que vous avez été nommé à sa tête en 2011 ?

Petter Jacobsson : Nous nous sommes attachés à construire une compagnie qui joue collectif et adhère à notre projet. Quand nous recrutons un danseur, nous sommes très attentifs à sa motivation, et nous assurons qu’il s’agit bien d’un choix. Je pense que cette politique a été efficace pour l’évolution de cette structure. Nous avons toujours pensé ce Centre Chorégraphique comme un lieu de recherche et de création très vivant, les temps changent, nos idées également, et les nouvelles générations de danseurs y contribuent. Aujourd’hui le dialogue entre danseurs et chorégraphes fonctionne très bien.

« Nous nous sommes attachés à construire une compagnie qui joue collectif. »

Petter Jacobsson 

« Inviter tous ces auteurs a modifié en profondeur la compagnie. »

Thomas Caley 

Thomas Caley : Nous sommes arrivés avec l’envie de changements, mais nous avons bien compris que cela prenait du temps, au niveau de la troupe mais aussi de son image. Aujourd’hui, les publics comme les programmateurs ont bien enregistré que nous étions une compagnie de création résolument contemporaine. Nous sommes heureux de proposer cet outil riche de 26 danseurs à de jeunes chorégraphes de talent ; inviter tous ces auteurs a modifié en profondeur la compagnie. Il est rare qu’un chorégraphe arrive avec une création déjà écrite. Les chorégraphes proposent des idées, des concepts, des consignes, mais ce sont les danseurs qui mènent leur recherche personnelle.

On peut constater, dans vos créations personnelles, un goût pour les relectures ou les recréations d’œuvres du répertoire du XXe siècle. Pourquoi ?

P.J. : En fait, c’est un peu par hasard. For Four Walls, re-création à partir de Cunningham, était, au départ, une demande de la Fenice. Idem avec Air Condition autour de l’œuvre d’Yves Klein qui part d’une proposition d’Emma Lavigne et du Centre Georges Pompidou Metz. J’aime travailler avec un cadre extérieur qui suppose d’entrer dans l’œuvre différemment. Il s’agit alors de rechercher ce que l’artiste dans lequel nous mettons nos pas pouvait avoir en tête, ce qu’il expérimentait physiquement.

T.C. : Nous n’inscrivons pas Trisha Brown au répertoire parce que c’est un grand nom de l’histoire de la danse, mais pour voir comment une telle recherche sur le mouvement dans les années 1970 peut se transcrire dans les corps des danseurs d’aujourd’hui, qui ont une formation très différente.

P.J. : C’est pourquoi nous avons intitulé cette saison « Ready ! (Made) », avec un clin d’œil à Duchamp. Nous nous portons vers la reconstruction d’œuvres passées qui prennent sens aujourd’hui, avec la perspective de réenclencher quelque chose de novateur, d’audacieux. C’est aussi, pour nous, une façon de donner une culture chorégraphique au public, ce qui fait partie des missions d’un CCN.

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

CCN – Ballet de Lorraine

Tél. : 03 83 85 69 08. 


ballet-de-lorraine.eu


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