La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -268-Génération Spedidam

Roberta Roman

Roberta Roman - Critique sortie

Publié le 30 août 2018 - N° 268

Pages de Tango

Musicienne de formation classique, la guitariste italienne, parisienne d’adoption, a choisi depuis 20 ans de se vouer au tango. Sa démarche musicale s’incarne dans un projet général intitulé “Roman du Tango“, en trio avec la bandonéoniste argentine Marisa Mercade et la violoncelliste turque Sedef Erçetin, ou dans 74NO – Tango Napoletano, une formule plus inattendue associant un rappeur et faisant le lien avec la chanson napolitaine.

Il y a eu une bascule dans votre parcours musical lors de la découverte du tango…

Roberta Roman : Dans mon parcours de guitariste de formation classique, j’ai d’abord approfondi la musique contemporaine, ma première passion lorsque j’habitais à Milan. J’ai côtoyé alors de nombreux compositeurs. Une fois arrivée à Paris, deuxième patrie du tango, ma curiosité musicale m’a naturellement amenée vers cette musique pleine d’énergie et de nostalgie avec laquelle je ressens une forte affinité.

Votre musique s’exprime dans un projet général intitulé “Roman du Tango“. Comment l’avez-vous conçu ?

R. R. : Mon “Roman du Tango“ est constitué de deux chapitres : Roberta Roma Trio et T4N0 tango napolitain. Le trio (guitare, bandonéon et violoncelle) existe depuis plus de 20 ans. Nous proposons un répertoire avec des arrangements originaux, des thèmes traditionnels du tango jusqu’au Tango Nuevo d’Astor Piazzolla et à des créations écrites par notre formation. Le trio est également le noyau de l’ensemble T4N0, qui réunit quatre cultures différentes : italienne, argentine, turque et française. Nous intégrons dans cette formule la mandoline de Flavien Soyer et la voix du rappeur napolitain Lucariello, qui est l’auteur du générique de la série Gomorra. Fruit de plusieurs années de recherche, ce projet reconstruit le fil rouge qui lie la chanson napolitaine et le tango.

Quels sont les liens entre le tango et l’Italie ?

R. R. : Dans une interview accordée à la RAI, Astor Piazzolla déclare que 90% de la bonne musique de tango avait été écrite par les Italiens. Le lien entre l’Italie et l’Argentine est historiquement évident : pendant les deux grandes migrations à la fin du XIXè siècle et au début du XXè, 8 millions d’italiens ont traversé l’océan en amenant avec eux leur culture et leurs traditions. La majorité des compositeurs et des musiciens a un nom italien, ils ont créé les premiers orchestres de tango et ont contribué à la transcription de musiques le plus souvent transmises oralement en Argentine.

 

Propos recueillis par Jean-Luc Caradec

A propos de l'événement

Roberta Roman


www.roberta-roman.com


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