Hervé Van der Meulen met en scène « Gargantua »
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Avec énergie et ténacité, Muriel Mayette-Holtz et les siens proposent une très belle saison 2025-2026. Pour l’inaugurer, la directrice des lieux reprend sa mise en scène radieuse de Phèdre, créée aux Arènes de Cimiez en 2024.
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle saison ?
Muriel Mayette-Holtz : Nous l’appréhendons dans une forme de sérénité, malgré le contexte d’appauvrissement de la culture. Plus que jamais, nous luttons, nous rêvons, nous agissons. La résistance, c’est le bonheur, c’est aimer ce métier et le théâtre passionnément. La grande bataille à mener, c’est de rendre indispensable ce théâtre, pour que les gens le désirent et le défendent. Dans et hors les murs, grâce aux spectacles, aux Contes d’apéro, Conversations intimes et autres dispositifs, nous tissons des liens structurants avec la population. Nous ne bénéficions pas encore d’une grande salle, mais nous sommes implantés dans trois lieux, permettant de conquérir et fidéliser des publics variés. Les Franciscains, salle historique à l’orée de la vieille ville, La Cuisine, éphémère mais formidable salle à l’Ouest de Nice, et les sublimes Arènes de Cimiez, où nous proposerons la troisième édition du Festival de Tragédies, qui dès sa création a obtenu un succès considérable.
Quelles sont les grandes lignes de la programmation ?
M.M.-H. : Nous proposons cette année des spectacles aux distributions généreuses, des talents reconnus. Sont notamment présents Valère Novarina, Christophe Honoré, Jean-François Sivadier, Julie Deliquet, Julie Duclos, Sylvain Creuzevault, Pascal Rambert, Clément Hervieu-Léger, Hervé van Meulen, qui a rejoint la troupe du TNN en septembre 2024. Comme toujours, je veux tenir cette idée d’incarner de grands textes, de donner vie au poème, classique ou contemporain. J’aime les spectacles puissants. Je me rends compte de plus en plus qu’un théâtre exigeant n’est en rien élitiste, y compris pour les plus jeunes.
La saison commence avec Phèdre, que vous avez créé l’an dernier à l’occasion du Festival de Tragédies. Pourquoi le reprendre ?
M.M.-H. : La tragédie est faite pour l’extérieur, sous un vrai ciel, dans une inspirante verticalité. Mais comme j’aime passionnément Racine, je reprends la mise en scène dans l’infiniment petit, dans une nouvelle scénographie. Un salon rouge avec des tableaux de famille, exprimant l’écrasement induit par la lignée et l’enfermement du statut social. J’ai gardé la même trame, qui resserre le texte autour de Thésée, admirable guerrier et mari exécrable (Charles Berling), d’Hippolyte, victime désignée (Augustin Bouchacourt), d’Oenone, amoureuse absolue et possessive (Nicolas Maury) et de Phèdre (Éve Pereur), jeune femme mariée de force à Thésée qui devait épouser sa sœur. Racine, c’est ce que j’appelle le lapsus permanent. Les dialogues distillent une tragédie intime autour de désirs étouffés. Le corps et la tête ne sont pas d’accord… Jacky Ido, qui endosse le rôle de Théramène, introduit la pièce par le slam, pour rapprocher le public de l’alexandrin. C’est une pièce grandiose, poignante et intemporelle.
Propos recueillis par Agnès Santi
La Cuisine. Du 30 septembre au 8 octobre à 20h sauf samedi 4 à 15h, relâche dimanche et lundi.
Théâtre national de Nice - Centre Dramatique National Nice Côte d’Azur
Les Franciscains, 6, Place Saint-François, 06300 Nice.
La Cuisine, 155 Boulevard du Mercantour, 06200 Nice.
Tél : 04 93 13 19 00. www.tnn.fr
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