La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -281-Biennale des Arts du Mime et du Geste

Entretien Marie-Lise Fayet, directrice du Théâtre Victor Hugo à Bagneux, et Luis Torreao, membre du comité de pilotage de la Biennale, directeur de la Compagnie Hippocampe

Entretien Marie-Lise Fayet, directrice du Théâtre Victor Hugo à Bagneux, et Luis Torreao, membre du comité de pilotage de la Biennale, directeur de la Compagnie Hippocampe - Critique sortie Théâtre
DR Marie-Lise Fayet

Publié le 23 octobre 2019 - N° 281

Marie-Lise Fayet, directrice du Théâtre Victor Hugo à Bagneux, et Luis Torreao, membre du comité de pilotage de la Biennale, directeur de la Compagnie Hippocampe, analysent les spécificités des arts du mime et du geste et le sens de la Biennale.   

Comment définir les arts du mime et du geste ?

Marie-Lise Fayet : Ce qui caractérise les arts du geste, c’est la primauté accordée au corps de l’acteur. Quelles que soient les appellations qui englobent les arts du geste, qu’il s’agisse de mime, de pantomime, de clown, de théâtre gestuel, physique ou visuel, la création est toujours déterminée par une dramaturgie corporelle. C’est le corps en mouvement qui raconte, qui se trouve au fondement même de la création artistique. Cette théâtralisation du corps se distingue du cirque, davantage lié à la performance, du théâtre, associé à un texte, ou de la danse, définie par une écriture chorégraphique. Bien sûr, les disciplines se mêlent, et ces métissages adviennent d’autant mieux que chaque champ disciplinaire s’appuie sur des fondamentaux solidement implantés. Aujourd’hui, les arts du geste sont à un moment charnière, qui correspond à celui traversé il y a quelques années par le nouveau cirque ou la marionnette, lorsqu’il a fallu dépasser les représentations habituelles de ces disciplines pour reconnaître le foisonnement inventif des artistes. Dans le domaine des arts du mime et du geste aussi, les traditions ont été bousculées. Nous sommes dans une véritable effervescence, en train de franchir un cap.

« Dans le domaine des arts du mime et du geste aussi, les traditions ont été bousculées. » Marie-Lise Fayet

« La Biennale constitue aujourd’hui un label. » Luis Torreao

© Guendalina Flamini
Luis Torreao

Luis Torreao : Les arts du mime et du geste créent l’action à partir du geste au plateau. Depuis sa création en 1983, le festival Mimos à Périgueux leur offre une visibilité et éclaire la diversité des formes artistiques reposant sur le corps en mouvement, un corps porteur d’émotions et d’un langage universels. Mimos est aussi à l’origine de la création récente d’un centre de ressources, le SO MIM. Le Festival de formes courtes Mimesis, programmé depuis 2010 à l’International Visual Theatre, témoigne aussi de la vitalité de la création. Un tel théâtre organique, ouvert, inattendu, s’adresse à l’imaginaire de chacun.

Comment le secteur s’est-il structuré ? La Biennale traduit-elle une forme de reconnaissance des Arts du Mime et du Geste ?   

Luis Torreao : Si le mot de mime fait encore peur, si nous sommes en retard par rapport à la visibilité et la reconnaissance du cirque ou de la marionnette, il faut cependant souligner une nette évolution au cours des sept dernières années. La Biennale a été lancée en 2015 dans le sillage de la structuration du secteur professionnel des Arts du Mime et du Geste. Elle est en effet organisée par le Collectif des Arts du Mime et du Geste, fondé en 2012, qui regroupe plus de 70 compagnies, artistes et pédagogues, en collaboration avec le GLAM, Groupe de Liaison Arts du Mime et du Geste, créé quatre ans plus tôt à l’initiative d’artistes, enseignants et directeurs de structures. C’est suite à des rencontres professionnelles lors du Festival d’Avignon 2010 que Jean-Claude Cotillard avait lancé l’idée d’une Biennale. Le GLAM a permis de consolider la place des arts du mime et du geste auprès des institutions et des tutelles, mais aussi des écoles. La Biennale constitue aujourd’hui un label, qui regroupe sur un temps donné les spectacles programmés sur tout le territoire, dont principalement dans les régions Ile-de-France, Hauts de France, Nouvelle Aquitaine et Occitanie.

Qu’en est-il de l’engagement des théâtres pour ces arts ? Et en particulier du Théâtre Victor Hugo de Bagneux ?

Marie-Lise Fayet : Afin de défendre les arts du mime et du geste, treize structures de création et diffusion se sont rassemblées au sein du Groupe Geste(s), dont le Théâtre Victor Hugo fait partie. Depuis quelques saisons le Théâtre Victor Hugo s’est engagé fortement dans la défense et la promotion des arts du mime et du geste, que j’admire de longue date. Au sein du théâtre et de la biennale, nous programmons des compagnies reconnues – Camille Boitel, Claire Heggen, Semianyki, Yoann Bourgeois et d’autres – et aussi des talents émergents. Pour que la création de demain s’affirme dans toute sa pluralité et son potentiel imaginaire.

 

Propos recueillis par Agnès Santi

A propos de l'événement

Entretien Marie-Lise Fayet, directrice du Théâtre Victor Hugo à Bagneux, et Luis Torreao, membre du comité de pilotage de la Biennale, directeur de la Compagnie Hippocampe


Biennale des Arts du Mime et du Geste,


3e édition, du 19 novembre au 9 décembre 2019.


33 spectacles dans 7 régions.


Site : collectifartsmimegeste.com


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