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Classique / Opéra - Agenda

Boris Godounov de Moussorgski
Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch

<p>Boris Godounov de Moussorgski<br>
Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch</p> - Critique sortie Classique / Opéra
Crédit photo : Douglas Chen Légende photo : Cédric Andrieux

Publié le 10 mars 2007 - N° 146

Déjà applaudi à Massy dans le passé, le remuant Opéra-Théâtre Helikon de
Dmitri Bertman retrouve l’Opéra essonnien pour deux séries de représentations.

Cette véritable résidence de l’Helikon à Massy reposera sur la collaboration
de la troupe de Dmitri Bertman et de l’Orchestre de Massy, tour à tour dirigé
par son chef en titre Dominique Rouits et Konstantine Tchudovski, chef de
l’Helikon. Les deux ouvrages à l’affiche (Boris Godounov et Lady
MacBeth de Mzensk
) comptent parmi les productions les plus marquantes et
caractéristiques de l’art iconoclaste et débridé de l’Helikon. Le « Boris » de
Bertman est présenté dans la version « sombre et dure » réorchestrée par
Chostakovitch dans les années 1939-1940. « Il a lu l’opéra de Moussorgski
comme l’histoire d’une catastrophe nationale, de l’effondrement du pouvoir, et
de la désintégration des liens entre les gens 
» souligne Bertman qui signe
la mise en scène de cette production récente créée à Moscou en 2006. « Notre
spectacle a pour thème l’usurpation comme moyen d’accession au pouvoir en Russie
,
poursuit-il. Feindre et se faire passer pour ce que l’on n?est pas semble
être la voie la plus sûre de la réussite. Tous les personnages de l’opéra se
comportent en imposteurs, tous mènent une double vie 
». L’autre bonne
surprise du séjour francilien de la troupe moscovite est la reprise de la
production de 2000 de la Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch,
considérée souvent comme le spectacle-phare de l’Hélikon. Bertman s’appuie ici
sur la version originale et intégrale de ce chef-d’?uvre resté interdit en URSS
à partir des années 30? Chostakovitch rompt avec les normes esthétiques et
morales du réalisme socialiste soviétique en choisissant comme héroïne une femme
sensuelle et criminelle. « Cet opéra parle de l’amour mais également de ce
que l’amour aurait pu être si seulement le monde n?était pas plein de bassesse 
»
écrivait Chostakovitch. Bertman le prend au mot, éclairant son ouvrage d’une
lumière nouvelle, extrême et décapante, qui lui a valu le « Masque d’or » en
2000, suprême récompense en Russie dans le domaine de l’opéra. « Nous avons
tenté un spectacle qui aborderait la question de l’état psychologique de l’homme
dans des circonstances extrêmes de l’amour et de la passion, du « bagne » de
l’âme humaine
 » explique le metteur en scène. Immanquable.

J. Lukas

Boris Godounov : les 9 et 10 mars à 20 h, le 11 à 16 h.

Lady MacBeth de Mzensk : les 15 et 16 mars à 20 h, le 17 à 16 h.

À l’Opéra de Massy (91). Tél. 0 892 70 75 75. Places : 37 à 54 ?

A propos de l'événement



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