« Les Personnages de la pensée » par Valère Novarina
Deux musiciens et dix interprètes virtuoses [...]
Dans le sublime retrait des Alpes, Anne et Moritz Meister étouffent de leur logorrhée fasciste des visiteurs pantois. Jean-François Sivadier retrouve Thomas Bernhard : rencontre au sommet !
Moritz Meister vit avec sa femme en hauteur : ses poumons fragiles et son génie exigent ce nid d’aigle aristocratique depuis lequel toiser et juger le monde. Lui est un auteur renommé et encensé ; elle a renoncé à sa carrière de pianiste internationale. « Imaginez un peu : du moment où nous nous sommes mariés, ma femme n’a plus donné de concerts ; un seul des deux peut se consacrer au grand art, nous sommes-nous dit. Le choix est tombé sur moi. », explique le maître à la jeune thésarde, venue rencontrer la sommité littéraire sur l’œuvre de laquelle elle travaille.
Fascisme ordinaire
« Bernhard est un expert dans l’art de conjuguer le plaisir et l’angoisse. », dit Jean-François Sivadier, qui retrouve, avec ce nouveau spectacle Norah Krief et Nicolas Bouchaud en gerfauts d’épouvante, accompagnés par Juliette Bialek et Frédéric Noaille. « Il a des cibles récurrentes, très précises : l’Autriche, ses habitants, ses alliances passées avec le nazisme. Ce n’est pas difficile de faire le lien entre ces « clowns monstrueux » et nos grands clowns contemporains, manipulateurs sans complexes aux idéologies nauséabondes (…). Je pense toujours à la phrase de Brecht qui serait un excellent sous-titre à la pièce : « Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde. »
Catherine Robert
à 20h.
Tél : 04 93 13 19 00. www.tnn.fr
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