Croire encore, et toujours, en l’importance de l’art et de la culture. Rencontre avec Bertrand Salanon
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Mathilde Monnier crée Silence à Bonlieu. Une nouvelle pièce qui, après Black Lights, ausculte le tissu invisible de nos sociétés en agissant sur les rythmes : ceux du soin, de la résistance, de la reconstruction.
Troisième volet d’un triptyque de Mathilde Monnier amorcé par Records et Black Lights, Silence interroge la manière dont le silence peut devenir espace de transformation ou de communion, et pousse les corps à leurs limites pour mieux sonder ce qui nous relie. Pour cette création, la chorégraphe collabore avec Lucie Antunes, batteuse, percussionniste et compositrice, dont l’écriture musicale, hypnotique et incarnée, s’inspire du chamanisme et des états modifiés de conscience. Le silence y devient matière vibratoire, seuil vers une transe collective. Pensée comme un concert chorégraphique, la pièce mêle voix, percussions et mouvements dans un souffle commun, rythmé par les flux marins. Le corps s’y abandonne à une partition invisible et primitive, comme un organisme à l’écoute. Sur un plateau épuré conçu par Annie Tolleter, les gestes tracent une cartographie sensorielle de l’intime et du collectif, une cérémonie contemporaine où le silence soigne, relie et transforme.
De la rage à la lumière
Black Lights révèle une tension plus frontale, celle des violences quotidiennes infligées aux femmes. Huit interprètes incarnent une rage vive et solidaire, avec une gestuelle expressive et disloquée où les cris du corps prennent toute la place. Pas de dénonciation, mais un manifeste dansé et parlé, où la brutalité devient langage et la colère s’élève en énergie de reconstruction. Monnier transforme les corps en champs de résistance : jambes écartelées, poings levés, torsions, éclats. Sur une scène brûlée, d’où s’élèvent des troncs d’oliviers calcinés, surgit une lumière noire — fragile, mais déterminée. Ces femmes se regroupent telles des Érinyes, vengeresses contemporaines, dressées face aux maltraitances familières. Dans cette obscurité, leur danse éclaire une autre façon de survivre et de se tenir ensemble. Marchant, courant, invectivant leurs agresseurs dans toutes les langues, ces femmes d’origines et d’âges divers inventent une pièce choc, incontournable.
Agnès Izrine
Black Lights les 24 et 25 février 2026, Silence les 23 et 24 avril.
Tél. : 04 50 33 44 11.
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