Margaux Eskenazi et sa compagnie Nova présentent « Kaddish, La femme chauve en peignoir rouge » d’après l’œuvre d’Imre Kertész : un beau chemin d’exploration
Margaux Eskenazi et sa compagnie Nova [...]
Ultime volet de la trilogie Des Don Quichotte(s), Des Dragons dans les halls brosse le portrait de trois adolescents vivant entre les tours d’une cité, dans les années 1990. Partant d’un roman urbain de l’auteur-metteur en scène et comédien Julien Villa, cette proposition foisonnante fait exploser les cadres de la représentation : entre rap, manga, récit choral et théâtre d’objets.
« Batman, c’est rien qu’un fils de pute ! Un gars qui roule en solo. Dragon Ball, c’est l’histoire d’une bande ! Pas je. Nous. Nous, frères. Nous avons grandi comme des géants dans un monde miniature… » D’emblée, le ton est donné. Vif et mordant. Indocile et railleur. Des Dragons dans les halls part sur les chapeaux de roue. Le théâtre qui se déploie devant nous ne fait pas, et c’est bien, dans la demi-mesure. On tend l’oreille et on ouvre grand les yeux, immédiatement embarqués dans une représentation chorale qui claque, qui tangue, qui va à cent à l’heure. Derrière ce qui ressemble à une table de studio de radio, ils sont quatre. Les trois premiers (la comédienne Anaïs Gournay, les comédiens Amine Hamidou et Julien Villa), devant des micros, donnent voix aux mots d’une narration éclatée, ainsi qu’aux paroles de nombreux personnages. Le quatrième (le musicien Tristan Ikor), devant un clavier et une console de mixage, élabore en direct la bande-son hip-hop du monde sans filet qui s’ouvre à nous. Ce monde nous transporte dans l’existence pas vraiment dorée de trois adolescents : Julo, David et Fafa. Des gamins enfermés dans le quotidien de leur cité qui partent dans la vie avec pour bagages quelques valises, mais aussi un imaginaire effervescent.
Les yeux plus gros que le réel
Ces Don Quichotte(s) de notre temps présent néolibéral, pour reprendre le fil thématique de la trilogie que vient clôturer le portrait de ces magnifiques losers, ont les yeux plus gros que le réel qui s’offre à eux. Les aventures exubérantes qu’ils traversent rendent compte de la rudesse du milieu au sein duquel ils évoluent, mais également de l’extraordinaire fantaisie qu’ils portent en eux (le roman que Julien Villa a adapté au théâtre pour créer son spectacle sera publié, en mai prochain, aux Éditions Rue de l’échiquier). Alors que nous racontent Julo, David, Fafa et le narrateur qui les regarde ? Un nombre incalculable d’histoires. Sans suivre de logique précise. En s’autorisant toutes sortes de ruptures, d’enjambements, de digressions, d’ouvertures sur le fantastique. Au milieu de cette matière composite, des figures du manga Dragon Ball viennent mettre en lumières des envies de puissance. Des morceaux de rap imposent leur flow. Un poisson rouge fait la rencontre d’une tortue au-dessous d’une bouche d’égout. Des boîtes de pizza se transforment en façades de tours… Dans ce théâtre libre et foisonnant, tout est possible. Grâce à une mise en scène inventive qui ne se prive ni de décloisonnements, ni d’effets visuels. Mais, surtout, grâce à des interprètes d’une virtuosité bluffante. Ils et elle font de cette escapade polyphonique un moment tout à fait inattendu. Comme une ode aux assignations démenties, aux carcans qui explosent.
Manuel Piolat Soleymat
Du lundi au vendredi à 20h, le samedi à 17h30, le dimanche à 15h30, relâche le mardi.
Durée : 1h40.
Tél. : 01 48 13 70 00.
www.tgp.theatregerardphilipe.com
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