Théâtre - Entretien

Entretien croisé
Christian Schiaretti, Olivier Py, Emmanuel Demarcy-Mota

Y a-t-il une crise du théâtre ?

Publié le 26 août 2013 - N° 212

Christian Schiaretti, Olivier Py et Emmanuel Demarcy-Mota sont des hommes de théâtre incontestables, qui écrivent, mettent en scène, dirigent et organisent un travail artistique reconnu pour sa qualité, en ayant, depuis toujours, le souci conjoint du public et de la chose publique. Ces artistes ne font pas le même théâtre, ne disent pas le monde et son poème de la même manière, mais se retrouvent sur la nécessité d’une conception exigeante et fraternelle du théâtre et de la culture, au-delà des querelles anecdotiques du moment. Dans ce dialogue, apparaissent des pistes de réflexion et des propositions d’action, qui éclairent la situation présente, interrogent la crise et envisagent d’y remédier.

Y at'-il une crise du théâtre ?

«Le théâtre n’est pas ceci ou cela, il est ceci et cela.», disait Laurent Terzieff. Théâtre privé, théâtre public ; CDN, scènes nationales et autres : y a-t-il un théâtre ou des théâtres ?

Christian Schiaretti : Chacun fait le théâtre qui le regarde et le concerne, ce qui est normal et nécessaire. Terzieff, demeuré dans la défense pugnace d’un théâtre d’essence littéraire, défendait un certain théâtre. Mais le théâtre est un art à l’impureté native, contradictoire et divers : inutile de se draper en croyant pouvoir effacer ses contradictions ! C’est pourquoi je me méfie des accompagnements ministériels appliquant des règles communes à tous, comme si tout relevait de la même définition. Non pas que tous les théâtres se valent, mais tous existent, et la différence importe davantage que la ressemblance. Il y a un théâtre privé de grande vertu, audacieux et courageux ; il y a aussi un théâtre à l’abattage, de distraction, qui a ses tares. Mais le théâtre subventionné a aussi ses démons : l’ostracisme, la fermeture, l’isolement, l’oubli de ses missions. Entre les CDN et les scènes nationales, la différence est historique. Les CDN représentent le serment et le fer de lance de la politique culturelle nationale. Ils accomplissent une mission politique et sont des lieux de fabrication. Les scènes nationales ont une activité d’accueil et de production, par essence pluridisciplinaire. L’évolution des modes de production s’est davantage reconnue dans les scènes nationales, car la pluridisciplinarité permet une fréquentation plus large. Les CDN ont couru après ce modèle et pâti de cette dérive festivalière. Cette conception de l’excellence programmative a gagné du terrain, au détriment du fonctionnement en troupe et en répertoire. On devrait jouer longtemps et reprendre les spectacles, ce qui est incompatible avec le modèle d’une excellence dont la révélation se suffit à elle-même.

« Donner des lieux aux compagnies plutôt que de dire qu’il y a trop de compagnies. » (Olivier Py)

Olivier Py : La différence essentielle qui demeure est celle entre le spectacle et le théâtre. Le théâtre, c’est ceci et cela, mais ce n’est pas du spectacle. La dichotomie est surtout entre Paris et la région, ce qui veut dire que théâtre public et décentralisation ont un lien substantiel. Quand Vilar part à Avignon, il quitte Paris et le théâtre privé. Si on ne travaille pas sur la décentralisation, le théâtre va mal, car il n’y a pas de théâtre privé décentralisé. Aujourd’hui, on pourrait inverser la parole de Vilar et dire qu’on voudrait une électricité et un train publics comme le théâtre. Dans le contexte d’une privatisation de l’ensemble du service public, il est difficile de dire que le théâtre doit être un service public comme le gaz et l’électricité ! Face à l’effondrement de ces structures qui relevaient du secteur public de manière sacrale, notre inquiétude est la suivante : le jour où la privatisation (qui existe déjà, puisqu’il y a un marché du théâtre) sera effective, nous serons morts. Le moyen très simple, et qui ne coûterait pas si cher que ça, pour éviter cette victoire du marché, serait de créer un nouveau réseau, différent de l’actuel qui a désormais fait son temps, à partir de tous ces lieux qui ne sont ni des scènes nationales, ni des CDN, et qu’on appelle le second cercle de la décentralisation. C’est là que se passent les choses les plus vivantes. Il y a énormément de compagnies talentueuses. Les tutelles devraient travailler à leur permettre d’avoir un lieu, plutôt que s’accentue le phénomène contraire, qui contraint les artistes à un avenir de compagnie, pendant que les subventions baissent, voire s’effacent. D’où le désarroi des artistes, sans lieu ni argent, contraints à se vendre au porte-à-porte, alors qu’il faudrait sortir de ce système marchand.

Emmanuel Demarcy-Mota : Avant un théâtre ou des théâtres, il existe le théâtre. Des théâtres constituent le théâtre comme art global, qui est en même temps un art pluriel, fait d’une extrême diversité. En revanche, il y a des différences essentielles à affirmer et développer, qui sont plus indispensables que dépassées. Entre le public et le privé : l’un ne vaut pas mieux que l’autre, mais leurs visées sont différentes. La notion de service public signifie que le théâtre a une responsabilité vis-à-vis de la société. Dans le privé, la responsabilité est autre. Il y a aussi une responsabilité dans la recherche sur la forme et le sens, et une liberté qui doit se déployer pour provoquer l’étonnement du spectateur. S’ajoute, pour le théâtre public, la responsabilité de la troupe : considérer le théâtre comme un art collectif sur la durée permet la diffusion des spectacles. Aujourd’hui, cet aspect est insuffisamment défendu. Faire du théâtre, c’est développer ensemble une démarche avec les singularités de chacun : ce n’est pas seulement une question de fidélité mais une certaine vision de la démocratie.

 

A qui s’adressent les hommes de théâtre ? Y a-t-il un public ou des publics ?

O. P. : Si les adresses sont différentes, c’est la mort du théâtre. Le théâtre est lié à l’universel ; il est l’endroit de l’affirmation que nous avons plus de choses en commun que de choses qui nous séparent. La relation au public s’est professionnalisée, mais il y a toujours à faire, car nos publics vieillissent. Cela ne veut pas dire qu’il y a moins de jeunes, je pense même qu’il y en a plus. Cela ne modifie pas véritablement le sens de ce que nous faisons, mais provoque la réapparition du non-public. Aujourd’hui, le théâtre s’adresse à un public transsocial : l’esprit se pose où il veut, quelle que soit la classe. On ne peut pas considérer les publics en fonctions de leurs différences sociales, comme le faisait Vilar, car l’élite financière (qui va à l’opéra) et l’élite médiatique (qui préfère le cinéma) fréquentent peu le théâtre. A cet égard, c’est chez les PDG qu’on entend un discours d’auto-exclusion, qui est exactement le même que celui de ceux qu’on appelait les prolétaires : ils ont la même non-culture.

« Nous ne possédons pas des postes mais des instruments. » (Christian Schiaretti)

E. D.-M. : Il y a d’abord une population, dont une partie est concernée par la culture et l’art. L’enjeu, et le désir, c’est que le plus grand nombre y ait accès. Il y a un immense public, fait de spectateurs et de réactions très différents, c’est ce qui fait aussi la beauté d’une salle théâtrale. Si le public est homogène, il devient un ghetto. L’homme de théâtre s’adresse à deux personnes : le spectateur réel et le spectateur imaginaire, un homme fantomatique, auquel il veut raconter une histoire. C’est ce qui fait la différence avec la politique, qui ne pense pas à une population imaginaire, mais concrète, avec des besoins concrets et réels.

C. S. : La position à adopter face au public ne saurait être celle d’une charité philanthrope : émancipatrice, elle doit tenir compte de la pluralité des publics. Dans une veine hugolienne, qui n’hésite pas à user du théâtre à gros effets ou du mélodrame, il s’agit de tenir compte de la pluralité des publics et de leurs contradictions. Au-dessus d’un public diffracté, se tient la poésie, et l’émancipation d’un public mélangé se fait dans la langue, à différents niveaux de compréhension et d’écoute : voilà la conception que je me fais d’un théâtre populaire. La politique d’accompagnement du public passe donc par la qualité de ce qu’on fait, dans un dialogue implicite avec le public, dans une culture et un alphabet communs : voilà ce qu’est la formation.

 

En 1968, Planchon lançait le slogan « le pouvoir aux créateurs ». S’agit-il d’un impératif désuet ?

O. P. : C’est l’impératif absolu, ce qui n’empêche pas qu’il faille les deux. Il y a eu Vilar et il y a eu Puaux : certaines maisons, notamment celles qui font de la diffusion, peuvent être dirigées par quelqu’un qui n’est pas un artiste. Mais émerge aujourd’hui un mouvement fort affirmant qu’un artiste ne doit pas diriger une maison. « Comment faites-vous pour faire tout ça ? », nous demande-t-on souvent. Cette question est moins admirative de notre énergie qu’elle n’est perverse. Elle sous-entend que soit on est un mauvais artiste, soit un mauvais directeur. Or, seul l’artiste qui prend des responsabilités politiques dans la cité est véritablement un homme de théâtre. Il faut qu’il y ait un artiste pour penser la vie d’une maison.

C. S. : Le contexte de Villeurbanne, (dont les Assises se sont tenues en mai et juin 1968), est celui du traumatisme de l’Odéon, qui vit Barrault face aux émeutiers. Le Planchon d’alors est un écrivain. La conception qu’il se fait du créateur est liée à ça, et se veut réactive au danger d’une démocratie participative. Dans les années qui suivirent, les subventions s’attachèrent aux créateurs, qui, parfois, ont eu tendance à se penser éternels. Le dévoiement du lien entre subventions et créateurs a été l’obligation de génie. Pour s’opposer à cela, il faut affirmer que nous sommes des interprètes avant d’être des créateurs. Il s’agit de mettre le texte en amont de soi, pour éviter le cabotinage et la dérive du démiurge éclairé qui considère qu’on lui doit l’outil qu’on lui confie. Ce point est à clarifier dans les écoles, qui entretiennent à ce propos un flou dommageable. Nous ne possédons pas des postes mais des instruments. C’est en tant que tels que nous les défendons.

« Le jour où la privatisation sera effective, nous serons morts. » (Olivier Py)

E. D.-M. : Cette phrase de Planchon est une phrase qui date de 68 : face à un pouvoir trop dominateur, se produit une révolte du poète. C’est une phrase datée parce qu’elle fait date, et parce qu’elle correspond à une époque où on réclamait « l’imagination au pouvoir ». Ce n’est pas le pouvoir au sens où on l’entend aujourd’hui. La polémique actuelle est stérile, car le pouvoir est pensé dans son rapport à la hiérarchie d’Etat et aux nominations. La question est plutôt celle du pouvoir-faire, du pouvoir-créer, dans le partage et l’ouverture. Le créateur a des besoins matériels, humains, et a besoin d’une bienveillance du pouvoir pour pouvoir faire. D’ailleurs, l’artiste ne rêve pas toujours de diriger un théâtre : il faut qu’existent d’autres possibilités, au lieu de produire des cadres dans lesquels on enferme les démarches.

« En réactivant les concours de compagnies, on permettrait de doter leurs productions. » (Christian Schiaretti)

 

Comment réduire le paradoxe : tant de spectacles créés et parfois si peu vus ? Comment soutenir  l’émergence et la diffusion ?

O. P. : Il y a de plus en plus de spectacles et de plus en plus de théâtres. De plus en plus de jeunes veulent faire du théâtre. Peut-être parce que le monde dans lequel nous entrons est désespérant, reste le théâtre, immédiatement réalisable avec quelques camarades. C’est cela qu’il faut accompagner : donner des lieux aux compagnies plutôt que de dire qu’il y a trop de compagnies.

C. S. : Le théâtre relève de la fermentation, de la maturation lente. Je remplacerais volontiers le soutien à l’émergence par une responsabilité de formation aux outils et à la création. Il y a là le moyen d’une continuité alors que l’émergence est par définition discontinue. Il faut donc des outils qui appartiennent aux artistes, et le moyen de fidéliser des distributions, pour éviter le mercenariat général, qui fait qu’on ne peut pas reprendre les spectacles. Il faudrait cinq ou six troupes en France, alors qu’on en a seulement une digne de ce nom. L’émergence est, en vérité, un concept archaïque : les outils publics avaient été créés pour qu’on travaille à l’abri du besoin. L’inquiétude des artistes est aujourd’hui à ce point grande qu’elle provoque les penchants les plus discutables ; en réactivant les concours de compagnies, on permettrait de doter leurs productions.

E. D.-M. : La diffusion, c’est-à-dire la durée, est une question essentielle. Pour cela, il faut un soutien qui n’est pas suffisant aujourd’hui. Cela rejoint la question de la permanence artistique, par le soutien à des lieux, et par l’association entre des lieux et des compagnies. Là, il faut faire preuve d’imagination et ne pas se limiter à des schémas existants. Au cours des dix dernières années, le travail des compagnies s’est fragilisé : la nomination est alors apparue comme la seule solution, alors qu’il y a plein de chemins possibles. Et pour cela, il faut des moyens et du respect pour que l’imaginaire puisse se développer.

 

« Il faut qu’existe un ministère avec une philosophie de l’art et de la culture. » (Emmanuel Demarcy-Mota)

Peut-on considérer que l’on est face à une crise de la vie théâtrale en France ?

C. S. : Oui, bien sûr ! Nous sommes à la fin de la décentralisation, dans la mesure où l’on a perdu sa mémoire. Cette perte s’accompagne de celle de l’historicité des lieux et de la cohérence historique. La décentralisation est aujourd’hui fondée sur le sentiment d’exil, avec le maintien de l’accueil parisien comme sanction de la visibilité. Sans doute est-il nécessaire d’organiser des assises de la décentralisation, par des gens de théâtre et non pas par le ministère.

E. D.-M. : On est face à plusieurs crises. D’abord parce que les institutions et le système ont quarante ans. Même si ses fondamentaux ne sont pas encore aboutis, les choses doivent se réinventer, se reconstruire, à partir de valeurs artistiques et publiques.

O. P. : Ça ne sert à rien de se réunir pour définir un idéal quand le budget du ministère est réduit de 2,8 %. Il faudrait attendre que le budget de la culture soit en augmentation pour réaliser cet idéal, ce qui n’est pas pour demain. Je voudrais plutôt que la nouvelle génération se fédère. Le système a tendance à mettre ses membres en rivalité : dès qu’ils arriveront à se fédérer, il va se passer quelque chose. Tout va ensemble : l’émergence, la décentralisation et le théâtre public, particulièrement en temps de crise.

« Le jour où la privatisation sera effective, nous serons morts. » (Olivier Py)

C. S. : Il y a aujourd’hui une vraie souffrance, et j’aimerais entendre une aspiration haute de l’Etat en matière de culture. Les outils doivent être dirigés par des gens qui accompagnent cette émancipation, sinon, on entretient la confusion entre l’instrument et le poste. Que l’Etat accompagne leur formation, notamment administrative et juridique. On pourrait imaginer la préparation du renouvellement de ceux qui dirigent les maisons avec une période d’accompagnement obligatoire de deux ans, avec un conseil de sages qui règle les contentieux avec dignité et tenue.

 

Quel doit être le rôle de l’Etat dans l’organisation de la vie culturelle et artistique ?

O. P. : Tout ne se résout plus au dialogue entre Etat et théâtre. Les collectivités ont changé la donne, et toutes les décisions ne viennent plus d’en haut. La polémique a lieu entre les forces qui discutent de la décentralisation dans la République. Le budget total consacré à la culture est en augmentation, car les collectivités locales sont de plus en plus présentes, même si le budget ministériel baisse. Le dialogue est à organiser entre les politiques locales et l’Etat, dont les relations sont immensément conflictuelles, alors que les décisions en matière de culture devraient être transpolitiques. Le problème est d’abord là, avant tout autre débat, et notamment celui sur le choix entre artistes ou intendants pour diriger les maisons. A ce propos, mon souhait serait que dans les jurys qui en décident, il y ait des artistes, ce qui est le cas en Suisse, par exemple.

« La réforme des rythmes éducatifs : le monde artistique peut et doit s’en emparer. » (Emmanuel Demarcy-Mota)

E. D.-M. : Le ministère de la Culture doit défendre son budget pour convaincre les classes politiques que l’art et la culture ne se pensent pas à court terme, de manière électoraliste. Il faut qu’existe un ministère avec une philosophie de l’art et de la culture. Cela ne passe pas par l’affirmation du pouvoir, mais par la mise en œuvre d’idées pour fédérer, aider, accompagner. L’Etat doit être un stimulant, exercer son pouvoir avec une idée de justice, sans cliver, ni opposer : c’est une grande responsabilité pour réussir. Soutenir les compagnies, créer des lieux nouveaux, accompagner dans la durée, et affirmer l’éducation artistique comme prioritaire. C’est pourquoi je suis un ardent défenseur de la réforme des rythmes éducatifs, à laquelle nous allons participer à Paris : le monde artistique peut et doit s’en emparer.

C. S. : Il faut inverser le processus. C’est aux hommes de théâtre de faire leur politique et au ministère d’en être le spectateur bienveillant. C’est l’idée de la République et de l’homme qui doit éclairer les décisions, et une pensée supérieure affirmant la réunion autour de la langue. Cette hauteur de l’idée qui nous guide est dans la définition républicaine de ce qu’on fait.

 

Propos recueillis par Catherine Robert

Commentaires
11 commentaire(s)
  • zerbinet - le 5 septembre 2013 à 7 h 47 min

    Où sont les femmes ??
    Ca ne choque jamais personne que les personnes représentatives, emblématiques, exemplaires, soient soit uniquement soit à 95% des hommes.
    On les aime, mais … où sont les femmes !?

  • J Grotowski - le 5 septembre 2013 à 11 h 56 min

    Moi, j’ai quitté ce métier, pour plusieurs raisons, trop de copinage, peu d’humanisme de la part des artistes et metteurs en scène, des stages de consommations, un narcissisme démesuré et un manque de solidarité déconcertant, peu d’audition libre, des tarifs pas toujours abordables et des spectacle plus soucieux d’intellectualisme, de fantasme que de dramaturgie.

  • festival Passe Portes / île de Ré - le 5 septembre 2013 à 14 h 00 min

    le festival PASSE PORTES est une preuve irréfutable du problème d’accompagnement des artistes et de la crise du théâtre en France évoqués dans les propos recueillis par Catherine Robert.N’ayant reçu aucun soutien de la DRAC depuis sa création en 2009,ce festival de théâtre dédié aux artistes émergents est obligé de quitter le territoire français pour pouvoir prendre de l’ampleur et continuer sa mission.Il organise des concours de maquettes et d’écriture (en partenariat avec l’association Beaumarchais/SACD)qui permettent aux lauréats d’obtenir des lieux de résidence, des soutiens financiers , des aides à la production de leur futur spectacle.Malheureusement malgré le soutien de parrains prestigieux comme Bernard Faivre d’Arcier,ce rendez-vous annuel (en juin) n’a pas reçu l’écoute nécessaire et suffisante des pouvoirs publiques.La prochaine édition aura bien lieu en 2014 mais pas en France.Hélas !

  • pearl - le 6 septembre 2013 à 10 h 24 min

    A qui s’adressent les Hommes de Théââtre ? A eux-même essentiellement…
    Madame Catherine Robert, vous auriez pu faire l’effort incommensurable d’interroger au moins une femme. En effet il y a bien une crise du théâtre, celle de la suprématie de la parole soi-disant légitime des « hommes de théâtre ».

  • THEBEAST - le 6 septembre 2013 à 21 h 29 min

    Au delà de l’absence désespérante des femmes au coeur de ce débat, on peut aussi regretter que soit exprimé tout et son contraire, à travers ces mots si ronflants que personne ne comprend (transsocial?), et que les grands oubliés quand on parle de politique culturelle soient finalement les publics et l’artiste. Quelle est cette idée ici selon laquelle on voit venir la fin de la décentralisation, alors que les « petits » lieux, drainent tant de publics, avec des spectacles qui donnent du pouvoir à l’imagination alors que les plus grosses productions justement demandent plus de moyens, amènent moins de personnes au théâtre et coûtent tellement à la collectivité…
    Des concours de compagnies? Les dossiers de demande de subventions y ressemblent déjà tellement que beaucoup y renoncent…
    Ils parlent d’eux, de leur théâtre, de leur crise, avec leurs mots.
    Un petit bémol seulement pour Olivier Py, dont certaines phrases élèvent, décloisonnent le débat.
    Mais sinon, en tant que femme de théâtre, je ne trouve aucun intérêt à recueillir leurs propos.
    Mais bon « c’est aux hommes de théâtre de faire leur politique », je retournerai donc à mon plateau.

  • THEBEAST - le 6 septembre 2013 à 21 h 35 min

    Et parler de dialogue est peut être trompeur tant on a l’impression que ces entretiens ont été menés séparément…
    Peut être rassembler ces trois hommes aurait été plus judicieux.

  • n - le 6 septembre 2013 à 21 h 35 min

    Entièrement d’accord avec vous, l’absence des femmes est inadmissible dans cet article. Et les questions sont « questionnantes » surtout l’appellation vieillotte d’hommes de théâtre.

  • Polob - le 8 septembre 2013 à 0 h 06 min

    Si l’absence des femmes est bien dommage, je suis choqué par le discours des 3 interviewés qui ne pensent leur univers que dans un rapport de pouvoir entre créateurs et collectivités. A la question « Qui doit choisir ce qu’on finance, diffuse, produit? « , jamais n’apparaît la parole du public ou citoyen, relégué à la simple position de consommateur.
    Or il existe en province (sans doute aussi à Paris) un tas de salles associatives qui construisent leur programmation non pas en la confiant à un directeur artistique tout puissant et garant de la qualité, mais à des personnes intéressées par le théâtre, qu’elles soient professeur étudiantes cadres ouvrières ou précaires, qui à titre bénévole participent à des choix de programmation. C’est principalement dans la sphère associative qu’on pratique ce fonctionnement, même si certaines collectivités comme la Ville de Séné (lire ici: penseespaulitiques.blogspot.fr/2013/03/a-sene-des-glop-pour-la-programmation.html ) expérimentent aussi cette manière de travailler.

    L’enjeu est alors de ramener un espace de dialogue autour de la culture et des créations artistiques, pour que les valeurs qui font sens dans notre société puissent enfin être débattues entre citoyens. Il s’agit de replacer le choix artistique dans la démocratie et de l’extraire du monopôle de quelques experts ou élus qui sinon sont seuls garants des valeurs dignes d’être diffusées dans la société; les 3 metteurs en scène interrogés n’ont pas effleuré un seul instant cette idée.

    Ils incarnent en mon sens un écosystème auto-centré, nombriliste, qui n’a plus sa place dans une politique culturelle publique. Libre à eux d’emprunter les chemins de l’initiative privée, mais l’idée qu’un groupe restreint puisse désigner sans débat ce qui est bon pour l’ensemble de la population nous ramène des siècles en arrière à l’époque où la démocratie n’avaient pas sa place dans les décisions publiques.

  • mélusine - le 14 septembre 2013 à 11 h 27 min

    petit détail qui a une certaine saveur, vous souvenez-vous de la différence entre homo, hominis, et vir, viri?pas même besoin d’avoir fait du latin pour savoir ça; ils parlent d’ »hommes de théâtre » parce qu’on peut difficilement parler de singes de théâtre, quoique….vos petites visions étroites de féministes apeurées sont bien tristes, alors qu’ils prennent à bras le corps des choses qui nous fondent….dommage

  • magnolier - le 19 septembre 2013 à 3 h 25 min

    Je n’en reviens pas de ce que je viens de lire dans cet entretien. Le Moyen Âge de la pensée, l’âge de pierre de la réalité. C’est comme si la lumière n’était toujours pas arrivée à leurs yeux. Un festival de phrases creuses, une farandole de vœux pieux. Aucune compréhension du monde qui nous entoure, dans lequel la « voix » de ces « phares de la pensée théâtrale à la française » ne brillent que par son absence. Personne n’admire plus depuis longtemps ce système de caste, totalement anti-démocratique (des nominations aux attributions de subventions – demandons-nous donc ce qu’est un « Conseil des Arts » ou un organisme subventionneur « at arm’s length » et l’on comprendra ce qu’est vraiment une politique culturelle démocratique). Et je ne parle pas des questions posées… Mais pourquoi poser de telles questions? Pourquoi donner encore la parole à des metteurs en scène sur des questions de politique culturelle? Dans leurs réponses, pas une seule proposition concrète, pas un seul chiffre (à part le budget du Ministère), pas une donnée statistique, aucune étude pour soutenir leur propos. Rien, du vent. Nos metteurs en scène ont tellement compris la politique culturelle, qu’ils sont devenus des politiques tout court, aux discours vides de sens. Et en bons journalistes, vous ne faites aucune analyse de leur discours… Soyons sérieux, on nage dans la démagogie, la paternalisme moralisateur. La vraie crise du théâtre (ceci étant dit, cela fait 2000 ans que le théâtre est en crise, et que la crise est le moteur du théâtre, mais bon…), c’est celle du déni de la réalité et de la démocratie. Et oui, au passage, où sont les femmes?

  • tralala - le 29 septembre 2013 à 14 h 34 min

    Culture :
    Pensée collective, dont la fonction est à la fois religieuse et intellectuelle, qui nous permet de mieux vivre ensemble. Ainsi, nous nous aimons; car nous partageons les mêmes stéréotypes, la même vision du monde…

    Ministère de la culture :
    Vatican cette pensée collective.

    Art :
    Crise permanente qui renouvelle les stéréotypes culturels.

    Crise :
    Vive la crise.

    Malheureusement, 3 Cardinaux qui s’agitent; ce n’est pas une crise…

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