Classique / Opéra - Gros Plan

PHILHARMONIE DE PARIS / PROPOS RECUEILLIS

Vanessa Wagner, piano puissance 2

Publié le 18 février 2017 - N° 252

La pianiste revient à Mozart et aborde pour la première fois son contemporain Muzio Clementi. Sur deux instruments très différents. Captivant.

© Bernard Martinez/La Dolce Volta
© Bernard Martinez/La Dolce Volta

Pour ses débuts sur le label La Dolce Volta, Vanessa Wagner, dont on connaît la mobilité artistique qui l’a déjà amenée à aborder des compositeurs aussi différents que Pascal Dusapin, Schubert ou Debussy, et même à collaborer récemment avec le musicien électro Murcof, propose un nouvel enregistrement au concept étonnant. En réunissant des pièces de Mozart et Clementi, elle fait le choix au gré des œuvres qui composent le disque et de son intuition musicale, de passer d’un instrument à un autre – d’un pianoforte Brodmann de 1814 à un piano moderne Yamaha CFX. « Mon approche des instruments anciens est relativement récente puisqu’elle date de 2008, date de mon premier concert sur un Walter 1790. Plus jeune, j’étais surtout intéressée par la puissance, le grand son et moins par l’intimité des pianofortes. Le pianoforte dégage un charme nostalgique : on se retrouve projeté dans un autre temps. Mais plus que le rapport au passé, c’est le rapport au son, à la digitalité, qui m’intéresse. La fragilité du son perturbe le rapport physique et mental de l’interprète à l’instrument. Le pianiste virtuose surpuissant, habitué à se rendre maître du clavier et à faire grimper les décibels se retrouve face à un instrument à la fois fragile et indomptable. Ce n’est pas du tout la même démarche » confie-t-elle.

Deux compositeurs, deux instruments, une pianiste 

Du disque si singulier et passionnant qui sort aujourd’hui, immédiatement ponctué par un récital parisien au programme rigoureusement identique, on « tourne » les p(l)ages comme, enfant, on feuillette un livre d’images. Avide et heureux. En se croisant, les deux compositeurs et les deux instruments s’écoutent, se guettent, se répondent, s’interrogent… « Je n’ai pas pensé ce programme en termes de confrontation. Pas plus entre les compositeurs qu’entre les instruments. C’est plutôt un compagnonnage. (…) Le génie de Mozart tient en partie au fait que chaque note, chaque harmonie est placée selon un ordre très naturel et un équilibre parfait. Chez Clementi, il y a une dimension très volubile et brillante. Son écriture jaillit de toutes parts avec un côté dramatique et, en même temps, un charme fou. Clementi est injustement méconnu car il a eu la malchance de vivre entre Mozart et Beethoven ! Mais Beethoven considérait Clementi comme un maître absolu de la sonate.  Quant à moi, en me plongeant dans son univers, je me suis laissée complètement séduire » conclut la pianiste.

J.Lukas.

 

Œuvres au programme :

Sur piano Brodmann 1814 issu de la collection du Musée de la musique de Paris : Fantaisie en ré mineur K.397 de Mozart et Sonate pour piano en fa majeur, op.23 n°2 de Clementi.

Sur piano Yamaha CFX (au disque) et sur piano Erard 1891 issu de la collection du Musée de la musique de Paris (en concert): Sonate pour piano en si bémol majeur, K.570 de Mozart et
Sonate en sol mineur op.50 n°3 « Didone abbandonata – Scene tragiche » de Clementi.

A propos de l’évènement
Vanessa Wagner, piano puissance 2
du 4 mars 2017 au 4 mars 2017
Cité de la Musique
221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris-19E-Arrondissement, France

à 20h30. Samedi 4 mars à 18 h. Tél. 01 44 84 44 84. Places : 25 €.


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