Avignon - Entretien / Rezo Gabriadze

Maison Jean Vilar / texte, mes, marionnettes et scénographie Rezo Gabriadze

Ramona

Publié le 25 juin 2017 - N° 256

Avec une grâce et un savoir-faire mondialement reconnus, Rezo Gabriadze, créateur géorgien d’un théâtre de marionnettes unique, donne vie à des univers chers à son enfance : le cirque sous chapiteau et les locomotives à vapeur. Un théâtre véritablement tout public ! 

© Irakly Sharashidze
© Irakly Sharashidze

Vous êtes peintre, sculpteur, scénariste, metteur en scène, et bien sûr créateur d’un théâtre de marionnettes. Dans quelles circonstances et pourquoi avez-vous choisi cet art ?

Rezo Gabriadze : Je suis amateur de théâtre depuis mon enfance. Peintre de profession, j’ai été sculpteur, scénariste, metteur en scène et j’ai créé mon théâtre à Tbilissi en 1981. J’ai choisi la marionnette parce que cet art était peu pratiqué et m’offrait plus de liberté que n’importe quel autre. J’aime vivre seul, je n’ai pas l’esprit de confraternité professionnelle et je ne maîtrise guère l’art oratoire. Dans le théâtre classique, il aurait été difficile pour moi de communiquer avec les gens, ils auraient pu me distraire ! Chaque comédien fait naître un univers unique avec son propre espace, et je n’avais ni l’expérience ni l’envie de m’immiscer dans ces mondes déjà constitués. Avec mes marionnettes, je me sens beaucoup plus libre. De plus, l’art de la marionnette est enraciné dans un héritage millénaire, et j’aime inscrire ma vie dans cette filiation lointaine et sans frontières. C’est un voyage absolument passionnant !

« J’ai choisi la marionnette parce que cet art m’offrait plus de liberté que n’importe quel autre. »

Ramona met en scène des locomotives à vapeur qui vivent un amour impossible.  Pourquoi des locomotives ?

R. G. : Les locomotives à vapeur sont très artistiques ! Visuellement très riches, elles ressemblent à un organisme vivant très imagé – vapeur, roues, images, sons, plasticité… Elles sont aussi devenues poétiques, particulièrement depuis leur disparition de notre vie, et sont d’ailleurs souvent représentées dans la littérature, de l’écrivain russe Andreï Platonov (1899-1951) au grand écrivain britannique Rudyard Kipling (1865-1936). Dans mon enfance, je les regardais avancer dans la plaine depuis notre montagne. Tout petit, je sais qu’elles m’effrayaient. Elles sont un souvenir de ma vie passée que j’ai voulu retrouver, un souvenir empli de poésie.

La pièce est aussi ancrée dans l’univers du cirque. Quelle est votre relation à cet univers ?

R. G. : Le cirque a beaucoup changé. Le cirque de mon enfance représentait une véritable douceur, un art majeur caractérisé par sa finesse et sa poésie. L’arrivée et le départ du cirque, ce sont les souvenirs les plus vifs de mon enfance. Jusqu’à présent, j’adore le cirque. J’adore le souffle de la toile du chapiteau. Je me souviens des bruits de la pluie sur la bâche et du clown qui élève la voix pour nous envoyer une blague vieille de 3000 ans et qui me fait toujours rire !

Propos recueillis par Agnès Santi

A propos de l’évènement
Ramona
du 11 juillet 2017 au 17 juillet 2017
Festival d’Avignon. Maison Jean Vilar
8 Rue de Mons, 84000 Avignon, France

à 16h et 19h, relâche le 14. Tél : 04 90 14 14 14. Durée : 1h15.


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