Danse - Entretien / Noé Soulier

Performing art

Centre Pompidou
Chorégraphie Noé Soulier

« Faire l’expérience des œuvres autrement » : c’est ce que propose Noé Soulier pour cette nouvelle création, dans un partage des tâches entre la danse et les œuvres du Centre Pompidou.

Quels sont les principes de Performing art ?

Noé Soulier : Le projet est à la croisée de plusieurs questions, comme la place de la danse dans le musée, et celle de l’exposition. Souvent, quand il y a de la danse dans un musée, ce sont des danseurs qui bougent dans des salles d’exposition. Cela change la relation parce qu’on les voit de près, on peut choisir où se placer par rapport à eux, combien de temps on les regarde, passer d’une salle à une autre… On peut considérer que cela entraîne une sorte de dématérialisation des œuvres, qui, au lieu d’être des objets, créent des situations investies par des performeurs. Et, parfois, les danseurs adoptent un mode de présentation de leurs œuvres qui peut s’apparenter à celui habituellement réservé aux objets. J’ai voulu imaginer la place de la danse dans un musée d’une autre manière, en déplaçant le mode d’attention. Renverser ce rapport, ne pas s’adapter aux dispositifs du musée et mettre de la danse dedans, mais prendre ce qui appartient déjà au musée – des œuvres, et, au-delà, des actions généralement invisibles qui permettent d’installer ces œuvres – et le faire basculer dans un autre dispositif de regard, qui est celui de la chorégraphie. L’idée directrice, c’est de permettre de faire l’expérience des œuvres autrement, en les transposant dans un dispositif théâtral.

« Permettre de faire l’expérience des œuvres autrement, en les transposant dans un dispositif théâtral. »

En quoi ce qui se joue sur le plateau avec les objets et les corps est-il chorégraphique ?

N. S. : Au sens large, la chorégraphie est pour moi l’organisation d’événements dans le temps et l’espace. L’entrée dans une œuvre, sa présentation – sachant que certaines œuvres incluent en elles-mêmes du mouvement -, l’ordre dans lequel les œuvres apparaissent, les simultanéités, les successions… Tout cela peut être vu comme une proposition chorégraphique. Une dimension chorégraphique plus directe existe aussi dans les actions des régisseurs, des accrocheurs, des monteurs…, ces métiers qui forment une expertise sur la manière dont on monte une installation. D’autres questions, liées à l’histoire de la danse, m’ont amené à imaginer cette création, notamment sur la notion de tâches. Chez Yvonne Rainer par exemple, je trouve intéressant la friction entre le but pratique et l’action montrée qu’il provoque. J’ai voulu trouver des actions où le but pratique a une importance réelle. Dans l’installation d’une exposition, les œuvres ont une valeur artistique, patrimoniale, et l’objet impose une contrainte forte pour celui ou celle qui les manipule. C’est cette contrainte qui m’intrigue, et que j’explore avec le public.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Performing art
du Mercredi 13 septembre 2017 au Vendredi 15 septembre 2017
Centre Pompidou
Voie Georges Pompidou, 75004 Paris, France

à 20h30. Tél. : 01 53 45 17 17.


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