En deux concerts, le Festival d'Île-de-France provoque une plongée
passionnante dans l'univers séculaire des musiques arméniennes, au confluent de
riches traditions savantes et populaires. Des musiques qui restituent bien le
destin agité et souvent tragique d'une terre et d'un peuple ancré dans sa foi
chrétienne, victimes de nombreuses invasions et agressions extérieures des
Perses, Turcs, Arabes ou Mongols. Le 30 septembre à Meudon, l'ensemble Les
Maîtres d'Arménie et la chanteuse Anna Mayilyan choisissent d'abord de rendre
hommage à la « Montagne sacrée », le mont Ararat biblique, à travers une
sélection de chants et danses de troubadours des Xè, XVIè et XVIIIè siècles. En
deuxième partie, ces musiciens représentant l'élite des instrumentistes
arméniens actuels s'exprimant sur instruments traditionnels (tar, soudouk,
beloul, shevi, tambours') sont rejoints par un ensemble à cordes occidental.
Ensemble, ils interprètent les Chants pour l'Ararat de Ruben Altunyan,
une suite pour ensemble traditionnel et orchestre de chambre sur des musiques de
Soghomon Komitas (XXè siècle) et Sayat-Nova (XVIIIè siècle), deux compositeurs
arméniens emblématiques. Le moine Komitas, qui a sauvé de l'oubli des milliers
de chants et airs par son exceptionnel travail de recueil dans les villages
d'Arménie juste avant le génocide de 1915, figure également au programme du
concert qui aura lieu, une semaine plus tard, à la Collégiale Notre-Dame-du-Fort
d'Étampes. Dirigé par Harutun Topikyan, le Ch'ur de chambre d'Erevan
interprètera aussi des 'uvres d'Arthur Shaghnazaryan (né en 1960) et Tigran
Mansouryan (né en 1939), associées à des chants traditionnels et chants
liturgiques de l'Église arménienne.
JLC
Samedi 30 septembre à 20h45 à l'Orangerie de Meudon (92) et dimanche 8
octobre à 16h30 à la Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes (91). Tél. 01 58 71
01 01. Site :
www.fidf.fr