Théâtre - Entretien

La Chute de la maison

Samuel Achache et Jeanne Candell. CR : Jean-Louis Fernandez

Ateliers Carolyn Carlson / d’après Edgar Allan Poe / mes Samuel Achache et Jeanne Candel

Avec des comédiens du dispositif Talents Adami paroles d’acteur, et dans le cadre du Festival d’Automne, le duo unique formé par Samuel Achache et Jeanne Candel ressuscite une femme en compagnie de Edgar Allan Poe, Franz Schubert et Robert Schuman.

Ce nouveau spectacle se construit-il dans des circonstances particulières ?

Samuel Achache et Jeanne Candel : Oui, dans la mesure où nous ne le faisons pas avec nos habituels compagnons de la compagnie La vie brève, et parce que notre temps de répétition – 5 semaines – sera plus court que d’habitude. C’est une nouvelle façon de travailler que nous expérimentons.

Quelles sont les conséquences de ces changements ?

S.A. et J.C. : D’entrée, la trame est posée, même si elle se modifie encore et toujours aux répétitions.  Dans un hôpital, à Paris, vers la fin du XIXème siècle, une morte se réveille à la morgue. Miracle ou erreur médicale ? A l’hôpital, on décide de garder cette revenante en observation, et pour ne pas qu’elle tente de s’échapper, on lui fait croire qu’elle est au royaume des morts.

« Provoquer une proximité des corps et donner à la musique un caractère enveloppant. »

 

Ce travail est-il inspiré des écrits de Poe ?

S.A. et J.C. : Au début, nous avions envie de travailler à partir de lieder. Et nous avons découvert que Debussy avait écrit un opéra inachevé à partir de La Chute de la maison Usher d’Edgar Allan Poe. Nous n’avons cependant pas réussi à trouver le livret et nous nous sommes donc mis à découvrir plus avant l’univers de l’auteur anglais. Finalement, nous nous sommes donc éloignés de La Chute mais nous nous inspirons de motifs et de ressorts de son œuvre. Le fait qu’il parte dans ses nouvelles de situations concrètes et quotidiennes pour basculer dans l’extraordinaire est par exemple un mouvement qui nous intéresse beaucoup.

Pourquoi cette envie de travailler avec des lieder ?

S.A. et J.C. : Pour les plongées introspectives qu’ils permettent, pour ne pas simplement raconter une histoire mais voir ce qu’elle produit intérieurement. Les acteurs chanteront essentiellement des lieder de Schuman. Ils n’ont pas de formation lyrique : les lieder, destinés à être interprétés chez soi, ne nécessitent pas forcément de virtuosité. Et c’est passionnant de voir ces acteurs s’approprier ces chants à la manière d’une chanson.

Pourquoi avez-vous choisi un dispositif de proximité dans votre mise en scène ?

S.A. et J.C. : Nous serons dans un système bi-frontal en L afin de provoquer une proximité des corps et de donner à la musique un caractère enveloppant. Ces sensations qu’on peut avoir en répétitions, où quelque chose de très fort, de sensuel, de touchant se produit lorsque la musique arrive, nous obsèdent depuis un moment. Ça passe vraiment par le corps, sans écran, et c’est difficile à reproduire dans une configuration scène-salle habituelle. Pour retrouver ces sensations, nous avons choisi de rapprocher au maximum acteurs et spectateurs.

Propos recueillis par Eric Demey

A propos de l'événement

La Chute de la maison
du Mardi 3 octobre 2017 au Samedi 7 octobre 2017
Ateliers Carolyn Carlson
Route du Champ de Manoeuvre, 75012 Paris, France

à 20h30, samedi à 15h et 20h30. Tel : 01 41 74 17 07.


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