Jazz / Musiques - Entretien

Jazz sur le vif, la série de concerts de Radio-France

© Christophe Abramowitz / Radio France

JAZZ / MAISON DE RADIO-France
Entretien Arnaud Merlin

Fief de deux grandes formations symphoniques, d’un chœur et d’une Maîtrise, place forte à ce titre de la musique classique à Paris, et d’autant plus depuis la rénovation de son magnifique auditorium, la Maison Ronde programme régulièrement aussi depuis le début des années 60 des concerts de jazz. Une programmation exigeante, indépendante, indifférente aux modes, et aux tarifs abordables. Et l’un des secrets les mieux gardés de la vie du jazz à Paris. Explications par le producteur Arnaud Merlin, qui a repris le flambeau il y a trois ans.  

Depuis quand existe la série « Jazz sur le vif » ? 

Arnaud Merlin : L’histoire du jazz à Radio France est riche : on connaît bien sûr les émissions de jazz sur les différentes chaînes de la maison, mais on connaît peut-être un peu moins les concerts, produits par le Bureau du Jazz qui existe depuis le début des années 60 ! Lucien Malson a initié le mouvement, André Francis lui a succédé, et Xavier Prévost a repris le flambeau au départ d’André, en 1997, il y a vingt ans. C’est Xavier qui a lancé le titre « Jazz sur le vif », et j’ai souhaité me situer dans sa continuité en conservant le même intitulé lorsque l’on est venu me chercher il y a trois ans pour perpétuer l’aventure. Avec quelques points communs à toute cette histoire : des concerts abordables en prix, exigeants en qualité, et divers en termes de propositions esthétiques, avec un intérêt particulier pour la scène française et européenne.

« Le paysage du jazz est d’une incroyable richesse et d’une formidable diversité. »

 

Comment concevez-vous cette programmation ?

M. : Cela toujours été vrai, mais c’est encore plus palpable aujourd’hui : le paysage du jazz, en France, en Europe et dans le monde, est d’une incroyable richesse et d’une formidable diversité. Je me réjouis de pouvoir programmer dans la même saison de jeunes groupes à peine sortis du Conservatoire (je pense à celui du saxophoniste Rémi Fox, par exemple) et le quartette du batteur Daniel Humair, qui fêtera ses 80 ans à la Maison de la Radio. Tout en accueillant le meilleur de la scène internationale, du pianiste romain Enrico Pieranunzi au guitariste américain Bill Frisell. J’essaie donc de varier les styles et les générations, mais il est vrai que je me laisse avant tout guider par mon plaisir, aiguillé par les rencontres et les découvertes que je peux faire tout au long de l’année.

 Nombre de groupes programmés à Jazz sur le Vif ne jouent presque jamais à Paris par ailleurs. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

M. : Le marché du jazz est très dur aujourd’hui. Il est de plus en plus difficile de vendre un art de nature essentiellement instrumentale à l’heure de la valorisation et de l’hypermédiatisation du télé-crochet vocal. D’autre part, l’image du jazz est parfois un peu troublée pour le grand public : c’est le lot éternel de cette musique que l’on dit la plus populaire des musiques savantes et la plus savante des musiques populaires. Service public oblige, nous avons la chance à Radio France de pouvoir offrir au public de nos salles et de nos antennes le meilleur de la production sans avoir à raisonner en termes de rentabilité pure et dure. C’est une situation qui nous honore, évidemment, mais qui nous oblige aussi !

 

Propos recueillis par J.-L. Caradec

A propos de l'événement


du Samedi 30 septembre 2017 au Jeudi 2 novembre 2017
Maison de Radio France
116 Avenue du Président Kennedy, 75016 Paris, France

Prochains concerts : Matthieu Donarier Trio et Caratini Jazz Ensemble (samedi 30 septembre à 20h30) ; Pierrick Pédron Quartet et Hervé Sellin All Stars  (The Thelonious Monk Orchestra at Town Hall 1959) (samedi 21 octobre à 20h) ; le trio Un Poco Loco et Bill Frisell Quarter (jeudi 2 novembre à 20h). Tél. : 01 56 40 15 16. Places : de 10 à 25€.


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