L'apport des autres disciplines dans la formation : transversalité et
hybridation.
Danse, art de la marionnette, mime, clown' De plus en plus la formation
théâtrale se doit d'être pluridisciplinaire, comme le prouve la multiplication
des spectacles hybrides. Le corps en mouvement sur la scène, instrument
expressif aux infinies possibilités, interrogé et exploré sans relâche par la
danse contemporaine, fait bien entendu partie de la formation de l'acteur, mais
la place du corps dans le jeu théâtral est-elle suffisamment prise en compte '
Qu'il s'agisse de son propre corps ou d'éléments extérieurs comme la
marionnette, ou dans un autre registre des nouvelles technologies, l'acteur, en
interrogeant ces domaines d'investigation, questionne aussi sa corporéité et
l'identité du personnage, et élargit son champ des possibles.
Propos recueillis Béatrice Picon-Vallin
Béatrice Picon-Vallin : Théâtre et nouvelles technologies
Théâtre et nouvelles technologies : de nouveaux partenaires
« Il semble que les écoles n'ont pas tout à fait franchi le pas, du côté de
ces technologies qui ouvrent aux arts du spectacle des voies nouvelles. Les
jeunes acteurs auront à jouer sur la scène non seulement avec les accessoires de
la théâtralité traditionnelle, éventails, capes, chapeaux, épées, tissus', ils
auront aussi à manipuler les « objets » nouveaux de notre réalité d'aujourd'hui.
Ils auront enfin à travailler avec ces objets techniques que sont les images et
les micros. Les spectacles de Peter Sellars nous ont donné une idée de ce
travail très sophistiqué avec les sons et les micros. On doit préparer les
acteurs à se confronter à ces nouveaux partenaires, à jouer pour la scène et
pour l'écran dans le même temps, à jouer dans des environnements virtuels ou
dans un bombardement d'images ou de textes projetés (voir le récent Je rien
Tedeum, par Jean-Pierre Garnier, metteur en scène -pédagogue). Qui plus est,
l'interprète pourra devenir son propre metteur en scène, à l'intérieur d'une
équipe où les rôles se compliquent et se redéfinissent. Il existe déjà des
appareillages techniques qui rendront les acteurs capables de transformer
eux-mêmes leur propre milieu. Ils ne seront plus dépendants d'une régie qu'ils
auront désormais sur eux et avec eux, ce qui entraînera forcément des
conséquences sur le jeu. Acteur, régisseur, l'interprète sera également son
propre metteur en scène. Tout cela exige une formation plus poussée. Du travail.
Si, selon Meyerhold, le talent conditionne l'entrée dans l'école, une fois admis
dans cette école, il ne doit plus être question de talent, mais de travail.
Là, Meyerhold est radical : « Celui qui n'a pas tout donné au théâtre ne lui
a rien donné. » Mais l'acteur n'est-il pas un artiste ''
Propos recueillis par Véronique Hotte