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L'apport des autres disciplines dans la formation : transversalité et
hybridation.
Danse, art de la marionnette, mime, clown' De plus en plus la formation
théâtrale se doit d'être pluridisciplinaire, comme le prouve la multiplication
des spectacles hybrides. Le corps en mouvement sur la scène, instrument
expressif aux infinies possibilités, interrogé et exploré sans relâche par la
danse contemporaine, fait bien entendu partie de la formation de l'acteur, mais
la place du corps dans le jeu théâtral est-elle suffisamment prise en compte '
Qu'il s'agisse de son propre corps ou d'éléments extérieurs comme la
marionnette, ou dans un autre registre des nouvelles technologies, l'acteur, en
interrogeant ces domaines d'investigation, questionne aussi sa corporéité et
l'identité du personnage, et élargit son champ des possibles.
Entretien Lucie Bodson Lucie Bodson : Le marionnettiste démiurge de sa propre création.
Le marionnettiste, démiurge de sa propre création.
Lucile Bodson est directrice depuis 2003 de l?École Nationale Supérieure des
Arts de la Marionnette (ESNAM), créée en 1987 à Charleville-Mézières. Avec le
responsable pédagogique, Jean-Louis Heckel, elle accompagne les promotions vers
le diplôme des Métiers des Arts de la Marionnette.
Le diplôme de l'ESNAM s'acquiert en trois années. Lucile Bodson : La promotion s'appuie sur une première année probatoire : vingt-six élèves sont engagés sur dossier, audition, stage probatoire et nouvelle audition. Une partie de la formation est collective, l'autre individualisée. Certains viennent de la pratique théâtrale avec l'intention d'être aidé sur l'expression dramatique par ce jeu par délégation qu'est l'art de la marionnette. D'autres viennent plus résolument d'univers plastiques. Ce stage probatoire met à niveau tous ces élèves grâce à une approche des arts plastiques, du corps, du jeu dramatique et à une réalisation. La présence sur le plateau de la marionnette ou du matériau conduit d'abord à parler en images. Des vingt-six élèves sélectionnés, seize continuent le cursus. L. B. : La seconde année, les élèves sélectionnés appréhendent la composition et l'expérimentation des potentiels d'écriture de la marionnette, de l'objet et de l'image. L'année Beckett a été une occasion pour les élèves de travailler sur Fin de partie. Ils ont présenté des solos en mars après une rencontre avec de jeunes auteurs en résidence à la Chartreuse de Villeneuve, et une deuxième création a lieu en juin sous la direction des metteurs en scène Frank Soehnle et Roland Shön. La troisième année est centrée sur la recherche et la création. Les apprentis développent une écriture scénique sur un texte de Philippe Minyana en résidence à l'École, à voir en janvier 2008. Un projet personnel est présenté enfin devant jury, public et professionnels, ce qui favorise les repérages et l'entrée dans la vie professionnelle. « L'intérêt de l'École tient à cette capacité d'élargir le champ de vision du jeune en formation. » Qu'apporte l'art de la marionnette à la formation théâtrale ' L. B. : Je crois qu'au-delà de la marionnette et de ses techniques traditionnelles de fabrication ou de manipulation, l'intérêt de l'École tient à sa capacité à former de jeunes professionnels enclins à une approche particulière des écritures scéniques contemporaines. C'est l'ère aujourd'hui de la transversalité - l'opéra et l'image vidéo, la danse et l'objet, le théâtre et l'image ou la scénographie animée. Les manipulateurs, les comédiens et les acteurs marionnettistes sont porteurs d'un potentiel d'écriture et de propositions scéniques grâce à leur apprentissage sur le plateau de la construction scénographique, en privilégiant la relation du corps à l'espace, du corps à l'objet. Ce jeu du comédien conduit à l'expression d'une forme théâtrale spectaculaire. Les jeunes diplômés sont capables de mener leur propre projet et de répondre à des préoccupations de metteur en scène ou de « coacher » des acteurs sur la manipulation. L'intérêt de l'École tient à cette capacité d'élargir le champ de vision du jeune en formation. Comment expliquer cet intérêt recrudescent pour la marionnette ' L. B. : La marionnette répond aux préoccupations du théâtre qui cherche à s'éloigner du réalisme et à travailler sur l'image et les nouvelles technologies. En regardant ces jeunes artistes oeuvrer dans la proximité des outils modernes, je reconnais les réflexes et les savoir-faire d'une tradition. Le marionnettiste réfléchit à la forme de la marionnette qu'il manipule, il cherche à être en adéquation avec son propos. S'il réalise une marionnette à fils avec une technologie sophistiquée, l'ensemble peut être remplacé par un ordinateur qui envoie des effets. Le marionnettiste est le démiurge de sa propre création. La distance constante avec laquelle il travaille lui permet d'accéder avec justesse à la retransmission d'une expression contemporaine. Les nouvelles générations sont familiarisées avec le code de l'image. L'engouement suscité par les expositions Dada et Rauschenberg explique cette facilité contemporaine à décoder les univers plastiques. Et dès que ces univers sont présentés sur la scène, le spectateur s'y retrouve. Propos recueillis par Véronique Hotte Autres articles dans le hors-série La Formation Théâtrale :
| Marie-Christine Autant-Mathieu/Constantin Stanislavski | Béatrice Picon-Vallin/Meyerhold | Ludwig Flaszen/Jerzy Grotowski | Guy Scarpetta/Tadeusz Kantor | Alain Mollot/Jacques Lecoq | Nada Strancar/Antoine Vitez | Monique Borie/ Eugenio Barba | Odette Aslan : Vers un acteur pluridisciplinaire plus créatif | Julie Sermon : La mue du personnage théâtral contemporain | Anne Ubersfeld : Comment enseigner le théâtre ' | Georges Banu : Sécurité technique et incertitude philosophique | Ariane Mnouchkine : L'art de mettre au monde l'acteur. | Daniel Mesguich : L'apprentissage de la déscolarisation | Jacques Lassalle : Le théâtre, lieu d'accomplissement | Philippe Adrien : La sensibilité plutôt que la technique | Lucia Bensasson et Jean-François Dusigne : Les traditions non occidentales | Wajdi Mouawad : Itinéraire difficile et passionnant | Maurice Bénichou : « A force d'essayer, une note juste sort du chaos. » | Michel Bouquet : Eloge de l'intuition | Michel Caserta : « S'exprimer corporellement. » | Alain Recoing : L'acteur marionnettiste | Lucie Bodson : Le marionnettiste démiurge de sa propre création. | Béatrice Picon-Vallin : Théâtre et nouvelles technologies | François Cervantes et Catherine Germain : « Arriver à se désarmer. » | Bartabas : « Se rendre inutile. » | Declan Donnellan : Libérer l'acteur de ses blocages | Lev Dodine : Le théâtre comme révélation de l'humain. | Anatoli Vassiliev : Avancer vers la vraie liberté créatrice | Frank Castorf : Transmettre un art de la subversion | Josyane Horville : L'Unité Nomade de Formation | Jean-Yves Ruf : Apprendre des choses comme en les volant | Arpád Schilling : Celui qui est plein d'âme n'a pas besoin d'ailes | Stéphane Braunschweig : Pour un enseignement individualisé | Stéphane Braunschweig : Entre le plateau et le monde réel | Marc Sussi : Le JTN, dispositif d'insertion professionnelle. | Yves Pignot : Révéler les possibilités artistiques des élèves | Gilles Bouillon : Vivre le théâtre sur le long terme | Ariel Garcia Valdès : Provocateur de rêve et de mouvement | Stuart Seide : La transmission d'un 'savoir évoluer' | Dominique Pitoiset : Dépasser la relation du maître à l'élève | Pascal Parsat : L'exigence humaniste | Michel Dubois : S'ouvrir à de multiples interprétations | Gérard Schembri : Apprendre dans un projet collectif | Noémie Dujardin : Apprendre comme dans un laboratoire. | Antoine Régent : « Apprendre le théâtre, une quête infinie. » | Christine Gagnieux : « Heureusement qu'existe le statut d'intermittent ! » | Roland Bertin : Les épines et les roses | Anne Alvaro : Le geste, le souffle et la vérité du présent | Eric Elmosnino : Trouver sa liberté sur le plateau | Dominique Blanc : En dehors du moule institutionnel | André Marcon : Déchiffrer le monde | Océane Mozas :« Ecouter, recevoir, réagir. » | Emmanuel Wallon : De l'initiation à l'insertion | Robert Abirached : Pour un usage éducatif et social du théâtre | ANPE Culture Spectacle : L'art de l'accompagnement' Christophe Valentie/Bernard Malrieu/ Carole Zavadski | AFDAS Jean-Yves Boitard : Elargir la palette des compétences | La scénographie/Gérard Didier | La direction de production/Claire Andries | La direction technique/Jean-Marc Oberti | La création sonore/Anita Praz | La création de costumes/Claire Risterucci | La création de coiffures et de maquillages/Nathy Polak | La régie générale/Eric Proust | La création lumières/Pierre Gaillardot | | |
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