La saison classique en France

Talent multiple

Frédéric Vaysse-Knitter nous donne rendez-vous dans une brasserie en face du Palais Garnier, entre deux répétitions de La Dame aux camélias, le célèbre ballet de John Neumeier dans lequel il joue des œuvres de Chopin. Une expérience atypique qui montre bien l’ouverture artistique de ce jeune pianiste aussi à l’aise dans Bach que dans la musique du XXème siècle.

Vous êtes issu d’une double culture, franco-polonaise. Cela vous rapproche-t-il particulièrement de l’œuvre de Chopin ?

Frédéric Vaysse-Knitter :
Chopin était même présent dans ma vie avant ma naissance. Ma mère qui était pianiste amateur aimait beaucoup sa musique. Même si nous vivions en France, nous appartenions à une communauté polonaise très soudée : on parlait polonais, on mangeait polonais. Et Chopin est le compositeur national ! Dès que j’ai pu, j’ai joué sa musique, en commençant par les préludes et les valses. Chopin m’accompagne depuis le début de mon parcours, ainsi que Bach et Debussy. Ce n’est pas un hasard : Chopin admirait Bach, et Debussy a écrit des nocturnes et des mazurkas, qui sont évidemment autant d’hommages à Chopin.

Vous enregistrez les Variations Goldberg de J.S. Bach. Comment aborde-t-on un tel monument du répertoire ?

F.V.-K. : C’est l’œuvre d’une vie. Chaque matin, on peut en avoir une autre vision. Bach nous laisse libres. Pour moi, les Variations Goldberg, c’est l’après big-bang, une autre bulle spatio-temporelle. J’ai par ailleurs choisi d’enregistrer cette œuvre sur un piano Yamaha. Ce sont des instruments très malléables, qui gardent l’empreinte de celui qui les joue.

Outre votre carrière de soliste, vous jouez beaucoup de musique de chambre. Que vous apporte ce répertoire ?

F.V.-K. : J’accompagnais déjà des chœurs à l’âge de neuf ans. J’ai toujours été ouvert à la musique en général et pas seulement au travail de soliste. Un pianiste est un solitaire, presque un autiste. Il faut confronter notre vision de la musique à celle d’autres musiciens. Je préfère d’ailleurs avoir différents partenaires plutôt qu’un groupe fixe. Parmi les instrumentistes dont je me sens proche, il y a évidemment Alexandre Tharaud. J’aime aussi multiplier les expériences : collaborer avec un acteur, faire des séances d’improvisation avec un peintre… Le musicien ne doit pas être étiqueté.

Propos recueillis par Antoine Pecqueur


Frédéric Vaysse-Knitter vu par John Eliot Gardiner :

« Même si nous n’avons travaillé ensemble qu’une seule fois, ce jeune pianiste m’a beaucoup impressionné par son intelligence musicale, sa sensibilité, et sa maîtrise instrumentale. »

Frédéric Vaysse-Knitter vu par Alexandre Tharaud :

"Frederic Vaysse-Knitter est l’un des meilleurs musiciens d’aujourd’hui.
J’ai été fasciné par ses interprétations de Bach, Chopin et Debussy".

 
Concerts :

Jeudi 18 mars à 20h à l’Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne. Œuvres de Chopin et de Schumann. Entrée libre.
Mercredi 24 mars à 20h à l’Auditorium de Dijon. Concerto n°3 de Beethoven.

Disque :

Variations Goldberg, J.S. Bach (Air note, sortie fin mars).

Site web : http://vaysse-knitter.com

 

 

A propos de l'événement



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