La saison classique en France

« Je sais combien ce métier est difficile. »

L’étonnant Tugan Sokhiev veut porter le Capitole au plus haut niveau. Photo : Mat Hennek

Tugan Sokhiev est le plus jeune directeur musical en France. Il a pourtant déjà dirigé de prestigieux orchestres à travers le monde. Il a non seulement brillamment relevé le défi de reprendre l’Orchestre national du Capitole de Toulouse à la suite de Michel Plasson, mais il a réussi à lui donner un nouveau souffle.

Vous qui avez dirigé beaucoup d’orchestres différents, quelles étaient les particularités de l’Orchestre du Capitole au moment où vous avez commencé avec cet orchestre, et qu’est-ce qui a évolué avec votre arrivée ?
Tugan Sokhiev : Lorsque je suis arrivé à Toulouse, j’ai trouvé un orchestre qui était déjà très renommé et qui représentait l’héritage français. Il possédait toutes les qualités des orchestres français, comme par exemple la souplesse ou la transparence. Depuis, il a évolué sur bien des aspects. Tout d’abord, le répertoire s’est agrandi. Ensuite, sur un plan plus technique, nous avons énormément travaillé sur la mise en place rythmique. Aujourd’hui l’orchestre est capable de jouer aussi bien Saint-Saëns et Ravel que Prokofiev et Stravinsky. La palette des couleurs et des sonorités s’est enrichie.

Quels sont les projets à Toulouse pour attirer un nouveau public ?
T. S. :
Le public du Capitole est traditionnellement un public de grands amateurs, qui connaît parfaitement le répertoire symphonique de son orchestre. En renouvelant notre répertoire, nous avons attiré un plus large public ; le nombre des abonnés a beaucoup augmenté. Nous avons également de plus en plus de jeunes, car nous avons mis en place des tarifs très avantageux pour leur donner accès à nos concerts.

« C’est en nous confrontant à d’autres publics que nous nous hisserons au plus haut niveau international. »

Quels seront les temps fort de cette saison ?
T. S. :
Nous ferons trois premières toulousaines, dont la Quatrième Symphonie de Chostakovitch, qui est un compositeur que j’affectionne particulièrement. Il y aura aussi La Damnation de Faust de Berlioz, en version concert, avec Anna Caterina Antonacci qui chantera Marguerite. Nous mettons aussi l’accent sur les tournées, c’est une chose très importante pour moi que d’exporter le Capitole à l’international. Nous passerons par le Japon, la Chine, la Roumanie, l’Allemagne, la Russie. C’est en nous confrontant à d’autres publics que nous nous hisserons au plus haut niveau international. C’est en tout cas un de nos objectifs.

Y a-t-il d’autre chefs de votre génération que vous appréciez particulièrement ?
T. S. :
Je respecte beaucoup tous les chefs de ma génération, car je sais combien ce métier est difficile ! Il y a beaucoup de pression, beaucoup de responsabilité à diriger un orchestre et c’est parfois dur psychologiquement. C’est pourquoi j’encourage tous les jeunes chefs dans leur travail.

Propos recueillis par Sébastien Llinares

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