Théâtre - Actualité

Homme de parole, de dialogue et d’écoute, Adel Hakim nous a quittés

20 septembre 2016 - Adel Hakim à la Manufacture des œillets.

Le 29 août, nous avons appris la mort d’Adel Hakim, acteur, metteur en scène et codirecteur du Théâtre des Quartiers d’Ivry.

Cette triste nouvelle endeuille la saison théâtrale qui commence. Cette annonce n’est, hélas, pas une surprise : Adel se savait condamné par la maladie qui a progressivement empêché son corps de fonctionner sans que jamais son esprit ne perde sa lucidité. Dans une lettre datée du 15 août, il a lui-même fait part de sa mort prochaine et de sa décision de mettre fin à une existence rongée par la souffrance avec une dignité sans colère, sans pathos ni plainte. A l’instar de ces maîtres antiques dont sa formation de philosophe et son amour de la Méditerranée le rendaient si intimement proche, il a insufflé, jusqu’au bout, sa détermination et son courage à tous ceux qui l’ont accompagné.

Dans sa lettre d’adieu, il explique les raisons de sa décision de mourir dans la dignité, à Zurich, auprès de l’association Dignitas. Il y témoigne de son engagement pour ce droit à choisir les conditions de sa propre fin, et y signifie que tout acte est toujours politique en ce qu’il s’adresse aux autres plus encore qu’il ne permet de répondre aux questions qu’on se pose à soi-même. Adel Hakim n’a pas pu rejoindre la Suisse et il est mort chez lui, entouré de ses proches.

Cette lettre nous oblige avec émotion au souvenir d’un humaniste droit et élégant, homme de parole, de dialogue et d’écoute, accueillant et bienveillant, indigné mais toujours digne dans ses prises de position et mesuré dans ses prises de parole. Cette lettre nous oblige aussi pour l’avenir en nous rappelant qu’il n’y a pas de vie bonne hors du partage et de la fraternité. Adel Hakim avait voulu que son théâtre soit celui des « quartiers du monde ». Il manquera à ce monde, où rien ne tient si on n’en dit pas la justice, la justesse, la beauté et la vérité, en ce monde où seul le verbe résiste à l’éphémère, combat dont, en homme du sens, il avait fait une de ses missions.

La rédaction de La Terrasse s’associe avec émotion à la peine des amis d’Adel Hakim et présente ses plus sincères condoléances à ses proches, à sa famille, à Elisabeth Chailloux et à toute l’équipe du Théâtre des Quartiers d’Ivry.

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