Focus du n°151 / Octobre 2007
ORCHESTRE NATIONAL D’ÎLE-DE-FRANCE/SAISON 07/08
UN ORCHESTRE INNOVANT

Définir d’un seul mot la prochaine saison de l’Orchestre National d’Île-de-France relève de la gageure : musique de chambre, concerts éducatifs, actions pédagogiques, tournée internationale, promotion des jeunes chefs français… Chaque rendez-vous de la saison a sa spécificité. Sous l’impulsion de son chef d’orchestre Yoel Levi et de son directeur général Marc-Olivier Dupin, la formation francilienne poursuit son patient et exemplaire travail d’irrigation musicale de sa région sans hésiter à prendre des chemins de traverse, comme ceux de la création contemporaine ou de l’accompagnement de film muet. Gros plan sur un orchestre innovant et omniprésent.


Marc-Olivier Dupin
Rencontre



MARC-OLIVIER DUPIN
Directeur général de l’Orchestre National d’Île-de-France.
Comment se présente cette nouvelle saison ?
 
Marc-Olivier Dupin : Notre premier motif de satisfaction est lié à une diffusion large, entre quatre et sept concerts par programme. La saison s’est donc très bien vendue auprès des lieux de diffusion. Il faut savoir que les équipements culturels des villes ont de plus en plus de difficultés financières... On évolue toujours entre deux pôles : le désir d’avoir la plus grande part d’autofinancement et en même temps le souhait de faire rayonner un nombre important de concerts ! C’est tellement agréable pour l’orchestre, le chef et le soliste de jouer plusieurs jours de suite le même programme. Il est toujours très décevant de faire un très important travail de répétition pour ne jouer à l’arrivée qu’un seul soir.
 
« Je suis très révolté quand les gens sont malheureux avec la musique, quand ils se retrouvent devant un mur. »
 
Vous venez de lancer l’idée et la mise en oeuvre d’une formation universitaire très particulière…
 
M.-O. D. : Il se trouve que j’ai fait le constat qu’il est très difficile de trouver de bons médiateurs musicaux, c’est-à-dire des personnes qui savent parler de musique à toutes sortes de publics, qu’il s’agisse d’enfants, d’adolescents, d’adultes, de personnes âgées, de catégories socio-professionnelles différentes, etc... À tel point, que je me suis dit qu’il fallait que l’on mette en place une formation. Nous nous sommes ainsi rapprochés du département de musique et musicologie de la Sorbonne et on a réfléchi ensemble aux programmes et aux modes d’admission et d’évaluation d’un Master de médiation musicale. Cette formation de niveau II sera ouverte aux universitaires mais aussi à un public plus vaste par le biais de la formation continue.
 
Cette initiative rejoint vos préoccupations et réflexions constantes sur la pédagogie*, la diffusion et le partage de la musique classique. D’où vous vient cette sensibilité particulière aux questions de transmission de la musique ?
 
M.-O. D. : Les hasards de la vie ont fait que j’ai moi-même enseigné et beaucoup travaillé avec des musiciens amateurs, enfants ou adultes. Je suis très révolté quand les gens sont malheureux avec la musique, quand ils se retrouvent devant un mur. Car, en réalité, on peut facilement faire rentrer un public dans une certaine proximité avec une œuvre. Au fond, le secret des grands médiateurs – je pense à Bernstein ou Boulez –, c’est de ne pas chercher à être savant. On peut toujours prendre deux ou trois idées simples et les faire comprendre à un public. La musique, l’art en général, sont des choses complexes, fonctionnant selon des codes qui ne vont pas de soi. Mais ces codes, il est important de les partager. Il faut faire ce travail, surtout dans une société qui déballe et livre en vrac, via la télévision, des tonnes d’informations. Il faut d’autant plus faire ce travail de décodage dans les orchestres que l’école et les conservatoires ne le font pas ou pas assez ou pas assez bien. C’est la responsabilité des institutions de diffusion. Il faut que chaque groupe d’artistes prenne en main cet enjeu de mieux faire comprendre et ressentir la musique.
 
Propos recueillis par Jean Lukas
 *Marc-Olivier Dupin a publié récemment « Ecoutez, c'est très simple... ». Pour une autre éducation musicale (édition Tsipka Dripka)




LE JEUNE PUBLIC A L’HONNEUR
Une série de programmes originaux à destination des enfants et des adolescents dans les salles parisiennes.
Outre ses actions pédagogiques régulières en banlieue, l’Ondif propose aussi des concerts « jeune public » dans la capitale. Cette saison, trois spectacles mobilisent musiciens, élèves et professeurs. Programmée dans la prestigieuse Salle Pleyel, La Princesse Kofoni de Marc-Olivier Dupin nous rappelle que le directeur général de l’Ondif mène également une activité de compositeur. Sur un livret d’Ivan Grinberg, cette fable met en scène des protagonistes hauts en couleurs : deux ânesses royales, un joueur de tuba tombé amoureux d’une princesse… De son côté, le concert dirigé par Jean Deroyer propose de confronter des collégiens à l’oeuvre de Stravinsky. Au menu : Renard et Pulcinella, deux partitions aussi jubilatoires qu’exigeantes. Enfin, ce ne sont pas moins de deux cent cinquante enfants d’écoles primaires qui seront sur scène pour le troisième spectacle jeune public. Le chef Samuel Jean a imaginé une soirée articulée autour de l’opéra, depuis Mozart jusqu’au XXème siècle. Un brassage des répertoires à l’image du panel éclectique formé par ces bambins de tous horizons.
 
A. Pecqueur
 
La Princesse Kofoni : dimanche 20 janvier à 11h à la Salle Pleyel
Renard : mardi 19 février à 19h30 à 19h30 à l’Auditorium Saint-Germain
Chantons avec l’Orchestre National d’Ile-de-France : dimanche 1er juin à 11h à la Salle Pleyel




RETOUR DE TOURNÉE
L’orchestre donnait fin septembre une série de concerts en Europe centrale.
L’espace de quelques jours, l’Ondif s’est transformé en ambassadeur de la musique française en Mitteleuropa. Sous la baguette de Yoel Levi, la formation francilienne a interprété des chevaux de bataille du répertoire : l’ouverture de Benvenuto Cellini de Berlioz, la Troisième symphonie de Saint-Saëns ou encore La Mer de Debussy. En soliste, Leon Fleisher, un fidèle de l’Ondif, a joué le célèbre Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel. Cette tournée a donné l’occasion à l’orchestre de se produire dans deux salles d’exception : le Rudolfinum de Prague et le Belà Bartok Hall de Budapest. La première, de style néo-renaissance, est le lieu de résidence de l’Orchestre philharmonique tchèque, tandis que la seconde, construite en 2005, bénéficie d’une acoustique exceptionnelle, dûe au célèbre cabinet Artec. C’est cette même compagnie qui avait présidé à la rénovation de la Salle Pleyel, où l’Ondif a maintenant ses habitudes.
 

A. Pecqueur



Jean Deroyer a été lauréat de l’audition des jeunes chefs d’orchestres en 2004



LES BAGUETTES DE DEMAIN
L’Ondif organise des auditions pour recruter de jeunes chefs d’orchestre.
Beaucoup de candidats pour peu d’élus. Chaque année, ils sont deux cents à se présenter à l’audition de jeunes chefs d’orchestre proposée par l’Ondif. Seule une dizaine est ensuite sélectionnée pour pouvoir participer à l’épreuve. « C’est davantage un moment de rencontre entre le chef et l’orchestre qu’un véritable concours », se souvient Jean Deroyer, lauréat il y a trois ans. Au programme pour chaque jeune baguette : une œuvre imposée et une autre à choisir dans une liste assez étoffée. Les candidats disposent en tout d’une trentaine de minutes pour faire travailler l’orchestre. Pour Samuel Jean, qui a remporté l’épreuve cette année, « le fait de disposer de si peu de temps oblige à être efficace et synthétique ». Pour sa part, Jean Deroyer se rappelle « avoir eu peur de prendre un mauvais départ ou de dire un mot maladroit ». D’autant qu’à l’issue de l’épreuve ce sont les musiciens de l’orchestre qui votent pour leur chef « préféré ». Un fonctionnement démocratique qui valorise le rôle des instrumentistes, réellement impliqués dans ces auditions. « L’orchestre était réceptif, souriant. Les musiciens n’avaient pas envie de démolir des jeunes », remarque Samuel Jean. Après avoir été adoubé, les jeunes maestros se voient proposer différents concerts à la tête de l’Ondif. Ce sont en majorité des spectacles jeunes publics ou des concerts en petite formation. Chaque chef met en avant sa spécialité : la création contemporaine pour Jean Deroyer ou le lyrique pour Samuel Jean, ancien chef de chant. « On va faire rêver des enfants, s’enthousiasme Samuel Jean, programmé cette saison pour un concert éducatif. Et nous avons l’opportunité de diriger dans des salles exceptionnelles comme Pleyel. » Véritable tremplin pour les aspirants chefs, ce principe d’audition mériterait aujourd’hui de se développer dans les autres formations hexagonales.

Antoine Pecqueur


Pour la violoncelliste Céline Flamen, « l’orchestre n’est finalement qu’un grand ensemble de musique de chambre ». 

(Crédit : Michel Chassat/ONDIF)



PLACE A LA MUSIQUE DE CHAMBRE
Riche saison chambriste à l’Auditorium Saint-Germain proposée par les musiciens de l’Ondif.
Le métier de musicien d’orchestre n’est pas exclusif. De nombreux instrumentistes sortent du rang pour enseigner ou bien jouer en soliste. L’Ondif a eu l’idée de développer en son sein une véritable saison de musique de chambre, articulée en liaison étroite avec la programmation symphonique. « C’est une initiative vraiment enrichissante », s’exclame l’altiste David Vainsot, précisant que « pour chacun des programmes, la direction de l’orchestre donne un thème et les musiciens font ensuite des propositions d’œuvres ». Cette saison, une soirée sera ainsi consacrée au romantisme allemand, tandis qu’une autre révèlera les charmes de la musique slave. Par ailleurs, un programme sera entièrement dédié à la création contemporaine. « Nous proposons des œuvres parfois peu jouées et qui mélangent souvent les cordes et les vents », remarque la violoncelliste Céline Flamen. L’activité chambriste n’est par ailleurs pas limitée aux solistes et concerne l’ensemble des musiciens. On remarquera que la jeune génération de l’orchestre est particulièrement bien représentée. Pour la clarinettiste Myriam Carlier, la pratique de la musique de chambre s’avère vraiment indispensable : « Lors de ma première année à l’orchestre, j’ai vu mon niveau baisser. Ensuite, grâce à la musique de chambre, j’ai pu de nouveau progresser. C’est très valorisant ». David Vainsot explique également que « ces concerts sont un bon moyen de mieux connaître ses collègues, tant humainement que musicalement ». Les conséquences se ressentent au quotidien dans le travail symphonique, les musiciens ayant développé entre eux une véritable complicité. Et comme le dit Céline Flamen, « l’orchestre n’est finalement qu’un grand ensemble de musique de chambre ».
 
A. Pecqueur
 
Trio viennois, lundi 26 novembre à 19h30
Le romantisme allemand, lundi 21 janvier à 19h30
Musique slave, lundi 10 mars à 19h30
Le XXème siècle et les créations, lundi 26 mai à 19h30

Le compositeur argentin Oscar Strasnoy sera à l’honneur du Festival Ile de Découvertes 
(Crédit : Ernesto Donegana)



ÎLE DE DECOUVERTES
Créteil accueille la deuxième édition de ce festival organisé par l’Orchestre national d'Île-de-France : sept concerts en formations diverses qui font vivre la musique telle qu’elle s’écrit aujourd’hui.
La musique symphonique n’est pas morte, mais il faut parfois le faire savoir. C’est le défi que s’est lancé en 2006 l’Orchestre national d'Île-de-France en inaugurant, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un festival désormais biennal sous le nom d’« Île de découverte ». Si l’Orchestre national d'Île-de-France a toujours tenu son rôle dans le domaine de la création en participant notamment aux festivals parisiens tels que Présences ou Paris de la musique, présenter des œuvres orchestrales d’aujourd’hui dans des villes elles aussi très contemporaines semble curieusement être une idée assez neuve. Elle permet à l’orchestre de pousser plus avant sa mission de diffusion dans l’espace francilien du patrimoine musical dans toute sa richesse et sa diversité.
En 2006, à Aulnay, la programmation jouait sur les contrastes, préférant montrer de la création un panorama ouvert plutôt qu’un microcosme pour spécialistes. Pour ce deuxième rendez-vous, accueilli du 23 au 25 mai par la Maison des Arts de Créteil (Val-de-Marne), l’orientation reste la même, offrant un savoureux mélange des genres et des générations. Ainsi sera-t-il intéressant de confronter les œuvres d’Édith Canat de Chizy et Graciane Finzi, deux compositrices qui revendiquent, dans un langage très travaillé, leur amour des formes classiques, à celle de Denis Cohen, compositeur et chef d’orchestre aux idées très modernistes mais qui sait quand il le faut dialoguer avec la tradition. Si le plaisir de la création réside dans la découverte d’une personnalité nouvelle (ce que permettra, par exemple, la création d’une pièce du jeune Yves Chauris), le travail avec les compositeurs est aussi un moyen pour l’orchestre de lier des relations fidèles. On retrouvera ainsi deux compositeurs qui, dans des genres sensiblement différents, avaient déjà animé l’édition 2006 du Festival : Jacques Deshaulle – qui est également le timbalier solo de l’orchestre – et Oscar Strasnoy. L’univers très personnel du compositeur argentin, né en 1970, a visiblement touché les musiciens qui à Aulnay avaient créé ses Études pour orchestre. Deux autres Sud-Américains sont programmés au cours de ce week-end de sept concerts : Marco-Antonio Perez Ramirez, né à Santiago (Chili) en 1964 mais qui a beaucoup travaillé en France, dans les studios de l’Ircam à Paris, à la Fondation Royaumont ou encore à l’Opéra de Montpellier, et Marco Antonio Suarez-Cifuentes, jeune compositeur colombien de trente-trois ans qui a lui aussi bâti son parcours créatif des deux côtés de l’Atlantique. Les horizons explorés seront cependant bien plus larges avec des maîtres disparus – depuis plus ou moins longtemps – tels Leos Janacek, Anton Webern, Igor Stravinsky, Olivier Messiaen, György Ligeti ou les brillants continuateurs de la tradition symphonique que sont le Finlandais Magnus Lindberg et l’Américain John Adams.

Jean-Guillaume Lebrun
Du 23 mai au 25 juin à la Maison des Arts de Créteil.




CINÉ-CONCERT : LE COMTE DE MONTE-CRISTO
Marc-Olivier Dupin accompagne la projection du chef-d’œuvre d’Henri Fescourt (1929) en dirigeant sa propre composition, véritable relecture du film.
L’Orchestre national d'Île-de-France retrouve le plaisir des salles obscures. On connaît la relation intime que l’orchestre entretient avec le cinéma muet – surtout depuis la création mémorable, en 1985, de la suite symphonique pour Intolérance, chef-d’œuvre de David W. Griffith, composée par Pierre Jansen et Antoine Duhamel et que l’orchestre vient d’enregistrer sous la direction de Jean Deroyer.
C’est à la résurrection d’une autre merveille du cinéma muet que l’orchestre s’associe cette fois, avec Le Comte de Monte-Cristo, adaptation du roman d’Alexandre Dumas réalisée par Henri Fescourt en 1929. Marc-Olivier Dupin, actuel directeur de l’Orchestre national d'Île-de-France, s’est chargé avec un plaisir non dissimulé d’écrire la partition pour ce monstre cinématographique de près de quatre heures. Familier de l’exercice, par son travail sur Nana de Jean Renoir notamment, il s’est imprégné de ce double chef-d’œuvre littéraire et cinématographique, composant au fil du récit, plan par plan, pour donner aux personnages leur couleur orchestrale propre. « La force de l’intrigue, l’intensité des sentiments doivent être accompagnées au premier degré, souligne-t-il. Il me semble nécessaire d’écrire des musiques heureuses pour les moments de bonheur, d’accompagner dans les tréfonds de la tristesse les situations dramatiques ou parfois d’être dans l’ironie d’un personnage ». Au Châtelet, Marc-Olivier Dupin retrouvera, sur l’écran tendu au-dessus de l’orchestre, ce chef-d’œuvre qui est désormais un peu le sien.
 
J.-G. Lebrun
Samedi 7 juin à 18h au Théâtre du Châtelet.

La soprano Amel Brahim-Djelloul et le chef Yoel Levi ouvrent la saison de concerts de l’ONDIF, en tournée à Paris et en IDF du 14 au 21 octobre. 
(Crédit Brahim-Djelloul : Aline Giron)



SHAKESPEARE EN MUSIQUE
Le programme d’ouverture de la saison propose, en compagnie du directeur musical Yoel Levi, un parcours parmi les hommages musicaux passionnés rendus au dramaturge au cours du XIXe siècle.
Musique et littérature se croiseront souvent au cours de cette saison – des féeries de Ma Mère l’Oye où Ravel célèbre Perrault aux évocations symphoniques de Macbeth et Don Juan par Richard Strauss, en passant par le très baudelairien concerto pour violoncelle d’Henri Dutilleux, Tout un monde lointain… C’est sous l’ombre immense de Shakespeare cependant que Yoel Levi a choisi de placer le premier concert de sa saison symphonique. Depuis le xixe siècle, l’œuvre géniale du dramaturge n’a cessé de stimuler l’imagination de musiciens désireux de la porter sur les scènes lyriques. Plus que tout autre ouvrage, Roméo et Juliette a enfanté d’innombrables chefs-d’œuvre et suscité quelques airs des plus remarquables, dont plusieurs sont ici rassemblés, chantés par la jeune et brillante soprano Amel Brahim-Djelloul (Juliette) et le ténor Sébastien Guèze (Roméo), récent lauréat du Concours Operalia organisé par Placido Domingo. Se succèdent ainsi airs et duos tirés de Roméo et Juliette de Gounod et des Capulets et Montaigus de Bellini, entrecoupés par le fantastique Scherzo de la Reine Mab de Berlioz. Yoel Levi conclut logiquement le concert avec la puissante ouverture-fantaisie Roméo et Juliette composée par Tchaïkovski, non sans avoir auparavant fait un détour par deux pièces plus légères : Le Songe d’une nuit d’été (ouverture de Mendelssohn) et Falstaff (duo de Nanette et Fenton de l’opéra de Verdi).
 
J.G. Lebrun
Du 14 au 21 octobre (le 16 octobre à 20h à la Salle Pleyel).
 
Orchestre National d’Île-de-France
19 rue des Ecoles - 94140 Alfortville
Téléphone : 01 41 79 03 40

www.orchestre-ile.com



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