Classique / Opéra - Gros Plan

Et in arcadia ego

Phia Menard © Jean-Luc Beaujault

OPERA-COMIQUE / CREATION

Guidés par la musique de Jean-Philippe Rameau, l’écrivain Eric Reinhardt, le chef Christophe Rousset, la metteuse en scène Phia Ménard et la chanteuse Lea Desandre conjuguent leurs talents et confrontent leurs univers pour créer une œuvre composite sur la condition humaine.

« Un big bang baroque » : c’est en ces termes qu’Olivier Mantei, le très créatif directeur de l’Opéra-Comique, a passé commande à Phia Ménard d’une pièce d’un nouveau genre pour la salle Favart. La performeuse et metteuse en scène, dont les spectacles (Vortex, P.P.P, Les Os noirs) se démarquent par un univers captivant et un langage qui recourt à la matière ou aux éléments, propose alors de suivre une chanteuse – en l’occurrence Lea Desandre, « riche de possibles fantastiques » – sur le thème du « big bang intérieur », où « on part du jour de la mort du personnage, en faisant des flash-backs temporels dans sa mémoire, et où on joue à recréer des mondes qui vont être traversés pour l’accompagner jusqu’à sa mort ».

Collage multi-sensoriel

Christophe Rousset, le fondateur des Talens lyriques, choisit des pièces vocales, chorales et chorégraphiques de Rameau, un compositeur qui était étranger à Phia Ménard mais dont la musique la frappe par « la richesse de sa composition, l’énergie et le côté un peu punk ». Le livret est quant à lui confié à Eric Reinhardt (Cendrillon, L’Amour et les forêts) qui connaît bien l’univers plastique de la metteuse en scène et a un vrai amour du lyrique. Il a ainsi proposé des situations pour articuler les différentes pièces de Rameau et réécrit certains airs, avec Christophe Rousset, pour donner une cohésion au récit. Si à l’heure où nous imprimons ces lignes, le travail est encore en maturation (les répétitions commenceront bientôt), cette création ambitionne « d’éprouver le spectateur », pour qu’il soit « pris à parti entre le rapport à la musique et les tableaux multi-sensoriels projetés sur scène, en constante évolution », comme ce « tableau glacé » où la beauté de l’enfance disparaît à mesure que les éléments se décongèlent pour sombrer dans l’oubli. Vents, fumées, espaces telluriques, nouveaux éléments, parcours de matières qui emportent la chanteuse… De quoi surprendre en permanence le spectateur. N’est-ce pas finalement l’essence du baroque ?

 

Isabelle Stibbe

A propos de l'événement

Et in arcadia ego
du Jeudi 1 février 2018 au Dimanche 11 février 2018
Opéra-Comique
1 Place Boieldieu, 75002 Paris, France

Tél. : 0 825 01 01 23. Places : 6 à 135 €.


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