Classique / Opéra - Gros Plan

Contre-ténors, tout contre

Les contre-ténors Andreas Scholl et Franco Fagioli. © James McMillan/DECCA et Julian Laidig

THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES / CONTRE-TÉNORS ET ENSEMBLE

Les deux immenses voix Franco Fagioli et Andreas Scholl présentent à quelques jours d’intervalle deux récitals très différents au Théâtre des Champs-Élysées.

La redécouverte du répertoire baroque, depuis plus d’un demi-siècle, nous a remis à l’oreille le timbre des contre-ténors. Marchant sur les brisées du précurseur Alfred Deller, les générations suivantes ont révélé des voix de plus en plus nombreuses à mesure que leur répertoire s’élargissait de nouveau. Fort de sa présence sur la scène baroque, le Théâtre des Champs-Élysées est devenu le haut lieu d’expression à Paris de ces voix qui exercent toujours leur pouvoir de fascination. La virtuosité pyrotechnique de Franco Fagioli sera première à s’exprimer, le 12 décembre, sur la scène de l’avenue Montaigne. Entouré par le Kammerorchester Basel, formation de référence pour l’accompagnement du chant baroque, le jeune maître argentin (né en 1981) y aborde quelques-uns des rôles par lesquels il s’est fait connaître et admirer. Son programme fait ainsi une large place à l’œuvre de Haendel avec des airs des rôles-titres de Rinaldo, Ariodante ou Serse, écrits pour les grands castrats du xviiie siècle tels Nicolini ou Caffarelli. Franco Fagioli y ajoute des airs d’œuvres moins connues, tels ceux d’Acis dans le Polifemo composé par Nicola Propora pour Farinelli ou ceux de Farnaspe dans Adriano in Siria de Pergolèse – un rôle là encore repris du répertoire de Caffarelli et que l’Argentin a récemment enregistré pour Decca.

Virtuosité pyrotechnique des voix

Le programme proposé dix jours plus tard par l’Ensemble 1700 et Andreas Scholl, représentant de la génération précédente (il est né en 1967), préfère à l’opéra l’art de la cantate. Le contre-ténor allemand se ressource régulièrement à l’œuvre de Bach ; il interprète ici plusieurs des cantates du Cantor de Leipzig, sans s’attacher au calendrier liturgique mais plutôt à la manifestation des sentiments du fidèle, de l’angoisse (« Jesus schläft, was soll ich hoffen ») à la louange (« Preise, Jerusalem, den Herrn »). Entrecoupé de pages instrumentales de Bach et Vivaldi (dont le Concerto pour flautino qu’interprète Dorothee Oberlinger), le programme vocal se tourne également vers Haendel avec la cantate profane « Mi palpita il cor » où la voix dialogue avec la flûte.

 

Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement

Contre-ténors, tout contre
du Mardi 12 décembre 2017 au Vendredi 22 décembre 2017
Théâtre des Champs-Élysées
15 Avenue Montaigne, 75008 Paris, France

Mardi 12 et vendredi 22 décembre à 20h. Tél. : 01 49 52 50 50.


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