Danse - Entretien / Maxence Rey

Anatomie du silence

Crédit : Marion Bati

Théâtre Jean Vilar
Chorégraphie Maxence Rey

Entretien Maxence Rey

Après une pièce de groupe percutante, Maxence Rey crée un espace-temps singulier où l’expérience tient de l’immersion et du lâcher-prise.

Cette nouvelle pièce diffère, du point de vue de la forme, de la précédente, Le moulin des tentations. Pourquoi cette idée de plonger le spectateur dans ce type d’immersion ?

Maxence Rey : Il n’y a pas de rupture totale d’une pièce à l’autre, dans le sens où l’on reste dans une boîte noire. Mais le dispositif va permettre au spectateur de cheminer, avant de pouvoir s’arrêter et s’asseoir. La pièce est centrée sur l’idée de ralentir, tout simplement. Par ce dispositif, nous interrogeons la manière de pouvoir ralentir les rythmes internes des spectateurs pour pouvoir accueillir l’ensemble de la proposition, qui travaille vraiment sur un rapport au ralentissement, à la lenteur, à la densité dans le corps. Et dans ce dispositif-là j’ai invité le créateur lumière de la compagnie Cyril Leclerc, qui est aussi plasticien, à inscrire au plateau une installation plastique et visuelle, qui devient un élément scénographique, mais également un élément de cheminement, de déambulation du spectateur pour pénétrer l’espace de représentation.

Quelle est la place du corps de l’interprète dans tout ça ?

M. R. : Il s’inscrit dans cette installation. Le spectateur pénètre l’espace et découvre l’installation de Cyril, qui nécessite de s’arrêter, même s’il n’y a aucune obligation à cela, puis il va cheminer, sinuer, pour pouvoir, en marchant, découvrir un corps allongé dans l’espace. Puis nous invitons les spectateurs à s’asseoir dans les gradins du théâtre et à accepter un moment de “dépôt“ de littérature et de poésie écrite. Avec le son, on vient interroger le rapport au temps, à l’espace, et, plus particulièrement, l’endroit de tensions entre présence et absence, humain et inhumain, animé et inanimé, unité et fragments, à travers un corps qui va s’ériger.

Le chemin chorégraphique tend donc vers l’élévation.

M. R. : Absolument, le chemin chorégraphique est très simple, mais dans une temporalité très singulière qui appartient à une temporalité du vivant. C’est un corps qui de la posture allongée va s’ériger, au gré de métamorphoses imperceptibles et continues, qui vont s’agencer, tant pour déconstruire la figure humaine que pour la recomposer, la muer en matière vivante. L’enjeu est de ramener ce corps à un statut de matériau, vivant, brut, malléable, qui en même temps raconte quelque chose de viscéral, d’archaïque.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Anatomie du silence
du Dimanche 26 novembre 2017 au Lundi 27 novembre 2017
Théâtre Jean Vilar
1 Place Jean Vilar, 94400 Vitry-sur-Seine, France

Le 26 novembre 2017 à 15h et 18h, et le 27 novembre à 14h30 et 19h. Tél. : 01 55 53 10 60.


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