Danse - Entretien / Boris Charmatz

10000 gestes

Crédit : Tristan Kenton © MIF Légende : 10 000 gestes de Boris Charmatz.

Chaillot - Théâtre national de la Danse / Chor. Boris Charmatz

10000 gestes se présente comme une pluie de mouvements avec vingt-cinq interprètes réunis sur le plateau de la salle Jean-Vilar.

Comment vous est venue cette idée de pièce un peu monumentale de 10000 gestes pour vingt-cinq danseurs ?

Boris Charmatz : Cette idée m’est venue en regardant Levée des conflits au MoMA à New York dans un dispositif particulier qui se répétait et durait quatre ou cinq heures. Je trouvais ça hypnotique et me suis demandé si on ne pouvait pas produire un principe de fascination identique mais opposé, où les gestes ne se reproduiraient jamais, où chaque danseur ferait des gestes uniques que l’on ne verrait qu’une seule fois dans la pièce. Et à partir d’un calcul – d’ailleurs un peu faux -, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il fallait au moins 10 000 gestes pour y arriver, à raison de 400 par danseurs… Avant de décider que nous exécuterions ces gestes le plus rapidement possible pour obtenir une tempête de gestes et non une exposition ou une collection. Du coup, 10000 est un minimum.

Qui génère cette profusion de gestes ?

B.C. : Les gestes sont générés principalement par les danseurs et, a priori, je les ordonnance avec Magali Caillet qui est une assistante fabuleuse. Mais ici le chorégraphe doit abandonner son style pour rendre un immense hommage à la danse. D’ailleurs on ne peut pas tout voir. Même moi, je vois des détails que je n’avais pas vus à chaque répétition. L’ensemble est assez signifiant car essentiel, chaque geste est donné mais, aussitôt fait, il disparaît.

« Une pièce profondément existentielle, parce que liée à l’ADN de la danse, au désir du geste unique. »

N’est-ce pas l’essence même de la danse ?

B.C. : Oui, bien sûr. La pièce pourrait passer pour très conceptuelle avec des processus plutôt mathématiques, mais c’est une pièce profondément existentielle, parce que liée à l’ADN de la danse, au désir du geste unique et à la peur du geste qui s’en va.

Ces gestes s’effectueront-ils en silence ? Avec une forme d’oralité, présente dans vos pièces précédentes ? De la musique ?

B.C. : Au départ je voulais du silence mais ça ne fonctionnait pas. J’ai aussi voulu que nous chantions le Requiem de Mozart en accéléré. Mais c’était impossible pour les interprètes, c’était beaucoup trop difficile. On a finalement inclus le Requiem, et accepté que cette pièce très liée à la mort, à l’existence, soit portée par cette musique qui évoque à chaque seconde la mort. Il y a aussi un travail de costumes assez particuliers de Jean-Paul Espagnard.

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

10000 gestes
du Jeudi 19 octobre 2017 au Samedi 21 octobre 2017
Chaillot - Théâtre national de la danse
1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75016 Paris, France

Jeu. 19 à 19h30, ven. 20 et sam. 21 à 20h30. Tél. : 01 53 65 30 00. Durée : 1h00. Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.


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